La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Le débat sur les retraites refait surface

Comme tous ses confrères, Le Parisien se heurte au mur du mystère entretenu par l’Elysée sur le contenu du message présidentiel.

Mais ce journal lance, affirmatif, "La retraite à 60 ans, cette fois, c’est fini !" En dessous, plus petit : Nicolas Sarkozy ‘devrait’ annoncer une réforme visant à reculer l’âge légal. Le sujet n’est plus tabou, le Chef de l’Etat doit bien parler de "la vie après 60 ans", mais la réforme de l’âge légal sera-t-elle lancée avant la fin du quinquennat ? Elle ne sera pas effective, c’est sûr, avant 2012. Pour les salariés du privé, la retraite à 60 ans, c’est effectivement ‘déjà fini’ : l’âge effectif de départ est supérieur à 61 ans avec l’allongement de la durée de cotisation. En revanche, les fonctionnaires partent à moins de 58 ans : 56 à la Banque de France, 55 et demi à EDF et GDF. 52 ans et demi à la SNCF. Ce n’est pas sans solennité que Les Dernières nouvelles d’Alsace annoncent "Nicolas Sarkozy devant les élus de la nation", alors que L’Union et Le Progrès de Lyon évoquent un Sarko Show à Versailles. Quand Le Figaro rejette l’idée d’un nouveau Roi soleil ("l’équilibre des pouvoirs ne sera en rien modifié ce soir"), Libération titre "Nicolas II", avec un dessin irrévérencieux de Willem. Tout aussi insolent, ce titre : "Fillon, dans le rôle du dindon". Mais Libé critique la "drôle d’opposition" qui choisit le silence.

Le mur du mystère tient bon sur le remaniement...

Pas de nouveau nom ? On sait que Nicolas Sarkozy va présenter ses "nouveaux horizons", mais il faudra attendre demain pour connaître les nouveaux ministres. Rapportée par Le Figaro, cette réflexion du sénateur centriste de Lyon Michel Mercier pressenti pour entrer dans le gouvernement : "Je sais construire des logements, je sais traire les vaches et je sais aussi parler aux juges". Logement, Agriculture, Justice : qu’importe le portefeuille, pourvu qu’on ait l’ivresse. Restons à Lyon avec le maire socialiste Gérard Collomb. Très critique vis-à-vis de son parti, il est aussi très critiqué dans sa ville malgré sa position de force. Libé évoque l’omerta sur sa manière de diriger : il tient tout, menace vite, pique des colères terribles. "Contredit, le maire peut se mettre en rage, hurler, se mordre le poing, cogner la table". "Avec ses collaborateurs, c’est pire. Il les traite en public comme des serpillières", rapporte Olivier Bertrand dans un article qui fera sensation à Lyon, où Gérard Collomb n’a pas non plus des rapports toujours faciles avec la presse. Je vous parlais du mur du mystère autour de Versailles.

Il faut évoquer -autre nature-, ce que La Croix qualifie de "mur du silence" : la censure et la répression sans limite, dans le sang, du pouvoir iranien face à la rue.

Pour prendre la mesure du courage des hommes et des femmes qui refusent de s’avouer vaincus et se dressent contre le régime, il faut lire le récit de Delphine Minoui dans Le Figaro.Elle se trouve parmi les manifestants."Nous sommes une vingtaine de personnes réfugiées, malgré nous, dans la cage d’escaliers d’un petit immeuble, raconte ma consoeur. Des visiteurs de passage, surpris en pleine promenade par des colonnes de manifestants, des femmes au retour de l’épicerie prises au piège des barrages dressés par les forces anti-émeutes. A nos côtés, les protestataires qui viennent de se glisser par la porte semblent plus que jamais déterminés à se battre. Ils reprennent leur respiration, avalent quelques gorgées d’eau fraîche, avant de repartir s’engouffrer dans le ventre de la contestation". - Je résisterai jusqu’à ce que je récupère mon vote, lance l’un d’entre eux, en disparaissant dans un nuage de fumée noire. "Mort au dictateur", hurlent au loin les manifestants. A l’extérieur, la police et les forces de l’ordre quadrillent la ville. A cheval sur leurs motos, les bassidjis slaloment à travers les bennes à ordures en feu. Matraques en main, ils sont prêts à tabasser sans répit. Delphine Minoui a noté la présence nombreuse, éparpillées dans les attroupements, des femmes qui continuent d’afficher un sang froid à toute épreuve. Jusqu’à quand la désobéissance sociale pourra t-elle tenir ? L’étau se resserre, titre La Croix. Dominique Quinio appelle à la solidarité et la vigilance. En se souvenant de tous ceux qui prennent des risques, là-bas.