La revue de presse de Michel Grossiord

  • A
  • A
La revue de presse de Michel Grossiord
Partagez sur :

Une enquête passionnante à lire dans le Figaro : les diplômes bradés dans les universités.

Officiellement, les cours de rattrapage mis en place dans les facs après la grève, et le report des épreuves permettront de faire passer les examens dans des conditions honorables…

Des solutions ont été trouvées, assure et se rassure la Conférence des présidents d’université qui se félicite avant tout (dans La Croix) d’avoir échappé à la "provocation qu’aurait constitué une validation automatique du semestre, sans évaluation". La réalité est plus ubuesque, selon des dizaines de témoignages récoltés par Marie-Estelle Puech du Figaro. Au point que certains étudiants n’hésitent pas à parler d’épreuves données ! A Strasbourg, Bordeaux, Paris ou Lyon, ils racontent avoir eu le choix entre 4 sujets au lieu d’un seul imposé. Ils évoquent des épreuves de dissertation remplacées par la synthèse d’un dossier de presse ! Ca c’est étrange : même un journaliste pas trop diplômé évitera de se contenter de livrer à ses lecteurs une synthèse d’un dossier prémâché par un service de communication ! Il est aussi question d’examens de quatre heures ramenés à une… La dissertation devient parfois un plan détaillé, et l’exercice sur table un devoir à préparer à la maison… Témoignage de Sarah, étudiante à Paris VII, sur l’ambiance surréaliste de ses examens de 3ème année d’histoire… Lors d’une épreuve, les candidats ont eu droit à huit sujets de composition au choix… Les profs, particulièrement bienveillants, rassurants jusqu’au bout, avaient ces mots en distribuant les copies : "Les sujets sont volontairement larges. Nous y trouverons forcément de quoi vous mettre des points…" En fait, les acquis de la classe de terminale devraient suffire pour espérer la moyenne…

Valérie Pécresse est sommée de s’expliquer ! La ministre de l’Enseignement supérieure a été priée par la commission des affaires culturelles du Sénat de venir faire le point ce matin…

Elle assure dans le quotidien Métro qu’elle va tout faire pour défendre l’image et la réputation de l’université française, rappelant qu’il n’y a pas eu de perturbations dans près de la moitié des facs (en fait, 35 sur 85). Obtenir son examen sans avoir vraiment bosser. Mais se voir reconnaître par la justice qu’on a fait un vrai boulot en draguant en string sous les cocotiers. C’est l’un des contrastes saisissants à la lecture de la presse. "Le business contrarié de la télé-réalité", c’est la Une de La Tribune.

Politique-réalité...

Derrière l’histoire officielle, l’histoire secrète de la conversion d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration, au sarkozysme. Enquête signée Agathe Logeart dans Le Nouvel Observateur.Elle revisite l’histoire, où se mêle ambition et fascination, du ralliement de celui qui était un responsable socialiste. Trahison ? Evidemment Eric Besson rejette le mot, et lui préfère "transgression". "Je ne peux pas tout dire maintenant, explique t-il. Il n’y a pas encore prescription". D’après Le Nouvel Obs, Eric Besson se serait rendu au QG de Nicolas Sarkozy bien avant de claquer la porte du PS et de rompre avec Ségolène Royal. Un mois plus tôt, témoigne Pierre Charon, l’un des proches conseillers de Nicolas Sarkozy. "On savait qu’un deal avait été passé et que Nicolas Sarkozy, qui nous avait préparé à l’ouverture, avait un coup d’avance sur nous. Bien plus tard, on a su que Besson préparait un livre (Qui connaît Madame Royal ?) qui nous a d’ailleurs beaucoup aidé". Interrogé par Le Figaro, Eric Besson dément, assure que Pierre Charron aussi, mais reconnaît entretenir des relations cordiales avec Nicolas Sarkozy depuis une quinzaine d’années.

Les Européennes, ou une histoire de famille ?

Martine Aubry est longuement interrogée par Libération. "Je reconstruis le PS pas à pas". Dans Le Parisien, on retrouve son père, Jacques Delors qui assure que ce n’est pas François Bayrou son fils spirituel, comme ce dernier le laisse entendre. L’ancien président de la Commission européenne a choisi de donner un coup de pouce à Vincent Peillon, tête de liste du PS dans le Sud Est. Ils posent tous les deux sur la photo, et l’on sent combien le candidat n’est pas mécontent d’être ainsi adoubé par la figure prestigieuse du PS. Du coup, Vincent Peillon qui fut proche de Ségolène Royal, indique qu’il n’est pas question de lâcher Martine, la fille de Jacques, en cas de mauvais score du PS dimanche.