La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Les 228 victimes du vol Rio-Paris ont désormais des visages et des noms... La douleur s'incarne à la Une de vos journaux.

Cédric du Haut-Rhin. Antonio du Brésil. Isabelle du Val d’Oise...

Au total, vingt-huit petites photos ornent la Une du Parisien, celles de passagers "morts en plein vol". Ouest-France recense les victimes dans l’Ouest. Sud-Ouest celles, nombreuses, dans sa région. ‘Trois Picardes disparues dans le vol Rio-Paris’, annonce Le Courrier Picard, qui publie les mêmes photos -souriantes- que Le Parisien. La douleur s’incarne dans les visages torturés des familles et des proches, note Le Courrier Picard. L’urgence des urgences reste la compassion, pour L’Union. Mais ces visages, ceux des disparus et des familles, nous nous en sentons tous proches dans la peine collective qui s’exprime à chaque catastrophe aérienne. "Ca n’est jamais un drame comme les autres, commente Christophe Barbier de L’Express. Parce que voler n’est pas et ne sera jamais naturel pour l’homme. Dans les airs, tout incident entraîne une impitoyable sanction : entre le rien à signaler et la mort il n’y a pas grand-chose, sauf le miracle". La Tribune pose 10 questions sur la sécurité aérienne. La nécessité d’expliquer ce qui s’est passé s’exprime à travers Le Figaro qui évoque, sur des images cette fois de l’armada aérienne déployée pour scruter l’océan, une course contre la montre pour comprendre.

La campagne des Européennes n’a quand même pas disparue des journaux.

Certains candidats redoutaient, tout en comprenant l’espace médiatique occupé par la tragédie, que la dernière ligne droite avant le scrutin ne permette pas de mobiliser les électeurs. Et pourtant, manchette du Midi Libre : pourquoi voter dimanche. Celle de L’Humanité : pourquoi voter... Front de gauche ! Celle de Libération : pourquoi la crise profite à la droite. L’ironie de Favilla des Echos est ça et là démentie : ce qui semble intéresser le plus les médias et les commentateurs, écrit-il, est précisément le peu d’intérêt qu’elles suscitent chez les Français. Au risque de banaliser et de déculpabiliser l’abstention. L’enquête de La Tribune est-elle de nature à mobiliser les électeurs : des députés trop bien payés ? Exemples de l’Europe sociale que tout le monde réclame, les parlementaires européens vont bénéficier d’une harmonie salariale qui aura demandé 10 ans de négociation. Une aubaine pour beaucoup, le nouveau salaire unique, 7.665 euros, est supérieur à celui que touchaient les Français, les Allemands et les Espagnols. Sans compter les indemnités complémentaires. "On ne fait pas fortune", assure Jean-Pierre Audy, tête de liste UMP dans le Centre.

Un qui a fait fortune, fait à nouveau fortune, et fera peut être à nouveau fortune, c’est l’homme d’affaires Charles Beigbeder...

Le fondateur du fournisseur d’énergie Poweo vend au prix fort ses actions à un groupe autrichien pour quelque 40 millions d’euros. Il avait déjà tiré une forte plus value de la revente du courtier en ligne SelfTrade. Les Echos s’amusent de ces coups gagnants, en rappelant l’aphorisme de son frère écrivain, Frédéric Beigbeder : "Dans la société ultra libérale, les gens ne se demandent plus comment ils vont, mais ‘combien tu vas ?’". De ce point de vue, Charles pourrait répondre : Beaucoup, merci ! A force, ajoutent Les Echos, il va entrer dans la ligne de mire de cet autre aphorisme fraternel : "L’Euro a été inventé pour rendre le salaire des riches six fois moins indécent."

Révélations du Parisien sur des braqueurs, dont une braqueuse, de 16 ans !

Encore l’âge d’aller au lycée, mais déjà versés dans le grand banditisme. Un gang de 3 malfaiteurs a donc été arrêtés après une série d’attaques à main armée à Paris et dans la région. 16 ans pour deux d’entre eux dont une adolescente de Vitry-sur-Seine, 18 ans pour le troisième. Un trio qui a sévi à 5 reprises au cours du seul mois d’avril. Est-ce un gang ? Assurément.

La presse du Figaro au Herald Tribune évoque la succession du dictateur Kim Jong-il qui multiplie les provocations à coup d’essais nucléaires. Le maître de la Corée du Nord qui avait lui-même succédé à son père aurait choisi son troisième fils, Kim Jong-un, son portrait craché dit-on. Kim Jong-chul, son premier fils, avait été écarté lui car trop efféminé. L’autre fils, il y en a un troisième, Kim Jong-nam avait lui perdu toutes chances depuis qu’il s’était fait prendre à Tokyo en route pour Disney Land, le royaume enchanté. A tout prendre, l’incompétence est de toute façon le mode de gestion en Corée du Nord. Peut-être celui-ci aurait-il été le moins pire.