La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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"Arrêtez d’emmerder les Français !" Une exaspérée pour Valeurs Actuelles.

Shocking ! Que vont penser les lecteurs de Valeurs Actuelles de cette saillie : "Arrêtez d’emmerder les Français !"

Ce n’est pas comme cela que l’on s’exprime habituellement dans les colonnes de cet hebdo très à cheval sur tous les grands principes. Sauf que la formule pèse de tout son poids historique… Cessez d’emm... On doit à Georges Pompidou, fin lettré, la crudité de l’injonction. En 1966, alors qu’on lui présentait à Matignon plusieurs projets de règlements. Valeurs Actuelles voue un culte pour les années Pompidou, et lui a récemment consacré tout un numéro : Il y a 40 ans, les années Pompidou, une France heureuse. Aujourd’hui, c’est la montée en puissance des règlements et sanctions au nom du "risque zéro" qui fait bouillir l’hebdo : persécution des fumeurs, des automobilistes, des buveurs de vin... Mais Valeurs Actuelles ne va pas jusqu’à prendre fait et cause pour les fumeurs de haschich...

Ou les auteurs de textes politico-révolutionnaires et métaphysiques comme Julien Coupat !

Suspecté d’avoir saboté des lignes de TGV, ce dernier a retrouvé la liberté après six mois de détention provisoire. Une libération qui fragilise la thèse des autorités, souligne France-Soir. Une partie de la presse pousse un "ouf de soulagement" : ‘Enfin libre’, lance L’Humanité. Libération consacre toute sa Une à Julien Coupat, déjà surnommé dans ce journal "un Coupat idéal" : Enquête sur un fiasco. L’action de Coupat et de ses proches est restée "essentiellement" intellectuelle et symbolique, écrit Laurent Joffrin pour qui on ne saurait incriminer l’intello-épicier de Tarnac pour des intentions supposées sans écorner les libertés publiques.

Si les actes ne sont pas avérés, les écrits demeurent.

Ceux par exemple de la revue Tiqqun, revue post-situationiste, publiée il y a 8 ans. Gros plan dans Le Nouvel Observateur sur ce groupe qu’animait le brillant Julien Coupat dans une ambiance austère. "On ne sortait quasiment jamais, se souvient un proche. Interdiction d’écouter de la musique aussi, Julien n’aimait pas ça". Les textes politiques de Tiqqun sont jugés intenses, glacés et visionnaires par Aude Lancelin qui renvoie dans Le Nouvel Obs aux écrits radicaux du Sartre des années 60, lequel pas plus que Guy Debord n’a jamais été envoyé en prison. Conclusion de ma consoeur : "Il est vrai que le général de Gaulle qui gouvernait alors respectait les livres". C’est moins les écrits de Julien Coupat que le dossier d’instruction qui retient l’attention du Figaro. Pas de preuves formelles sur des sabotages mais des indices demeurent, insiste Mathieu Delahousse qui évoque la découverte de cartes d’identité falsifiées ou de gilets pare-balles. Le montant de la caution exigé pour sortir de la Santé, 16.000 euros, est jugé exorbitant par l’avocate de Julien Coupat. Un encadré du Figaro précise qu’il a été fixé selon les revenus et le patrimoine du mis en examen. "En l’occurrence, une partie de sa fortune est même placée en Bourse", grince une voix proche du dossier. Les enquêteurs ont découvert que Julien Coupat avait placé au mois d’août dernier la somme de 50.000 euros en fonds commun de placement. Il a fait l’école des hautes études en sciences sociales pour la philo, mais aussi HEC, pour les placements.

Sa libération hier, c’est ‘pas de chance’ pour Nicolas Sarkozy pour une partie de la presse.

Tour de vis par ici, levée d’écrou par là, résume La Charente Libre. Vraiment pas de chance, pour Jacques Camus qui souligne que le même jour le chef de l’Etat appelait à un tour de vis sécuritaire contre le phénomène des bandes. "Preuve par l’absurde qu’à trop vouloir parler de sécurité, on en vient à créer artificiellement de l’insécurité", selon l’éditorialiste de La République du Centre qui ne tient pas Coupat pour un enfant de chœur. Aucune sympathie non plus d’Yves Harté de Sud Ouest pour la vision totalitaire défendue par Coupat, mais des inquiétudes sur un retour du délit d’opinion. Carla Bruni Sarkozy confie dans Le Figaro magazine que les seules choses pénibles pour elle sont les critiques adressées à son mari. "Il m’arrive d’en souffrir pour lui quand elle sont injustes et infondées, c'est-à-dire dans 90% des cas". 90% des cas. Il en reste 10% ? Elle ne détaille pas dans cet entretien croisé avec Bernadette Chirac. Dialogue à l’Elysée entre l’ex et l’actuelle première dame qui précise toutefois au sujet de son mari : J’ai plus de temps que lui, je viens d’un tout autre milieu que lui. J’écoute beaucoup ce que l’on me dit.