La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Silvio Berlusconi rattrapé par ses frasques.

Silvio Berlusconi contraint à la discrétion.

On n’imagine pas et pourtant, "fragilisé par sa vie privée" comme dit Le Figaro qui publie son portrait à la Une, le président du Conseil italien voit la campagne des Européennes se transformer en chemin de croix. Il y a quelques semaines, c’est pourtant une marche triomphale qu’il avait entamée. Le Figaro littéraire complète le tableau italien avec un hommage à l’écrivain Antonio Tabucchi, devenu une figure de l’opposition à Berlusconi, responsable selon lui de la vulgarité dans laquelle a sombré son pays. Poursuivi pour avoir attaqué le président du Sénat, un proche de Berlusconi, Antonio Tabucchi est victime d’une guérilla, façon selon lui de décourager les journalistes d’enquêter. "On se souvient de la formule de Mao, explique l’écrivain : En blesser un pour en éduquer cent". Crise majeure autour d’une mineure : Libération a résumé la situation, alors qu’en Italie La Repubblica publie chaque jour dix questions à Silvio Berlusconi : Comment avez-vous connu la jeune fille et combien de fois l’avez-vous vue ? Est-il vrai que vous lui avez promis de favoriser sa carrière ? Quel est votre état de santé ? Noémie (mais aussi de nouveaux démêlés avec la justice) plombent la campagne de Berlusconi, raconte Le Figaro même si son parti, le Peuple de la liberté, devrait arriver largement en tête et devenir le premier parti conservateur à Strasbourg. Mais le chef de gouvernement redoute une désaffection de l’électorat catholique. Silvio Berlusconi, sommé de s’expliquer sur ses relations avec la jeune blonde napolitaine par l’épiscopat, a renoncé à tenir des meetings pour éviter d’être chahuté. Il lui est arrivé une mésaventure dimanche dernier. Il a été accueilli dans les tribunes d’un stade aux cris de "Papi ! Papi !" (Noémie l’appelle Papounet).

Une campagne discrète, mais pas du tout pour des embarras privés, c’est l’option choisie par certains ministres en France.

Et ça ne plaît pas à l’Elysée. A lire aussi dans Le Figaro qui prête main forte au chef de l’Etat lequel a rappelé à l’ordre les moins assidus et tient les comptes grâce au dossier sur le déroulement de la campagne que lui adresse régulièrement l’UMP. Le journal a établi son palmarès des ministres militants qui mouillent leur chemise dans des meetings. Consultable sur internet ! En vedette parmi les ministres non candidats, Laurent Wauquiez, Bruno Le Maire. En queue de classement, deux ministres d’ouverture, Bernard Kouchner et Martin Hirsch, mais l’un avait eu quelque hésitation à déclarer son soutien à l’UMP, et le second garde son vote secret. Ni Rama Yade, qui avait refusé de conduire la liste en Ile-de-France, ni Christian Blanc n’ont souhaité répondre sur leur implication. A gauche, encore des gros titres sur le meeting avec Ségolène Royal et Martine Aubry. PS circus, titre France Soir qui évoque des sœurs sourires de façade. Sœurs ennemies, confirme le mensuel Femmes qui leur consacre un portrait croisé. C’était Martène et Ségoline, s’amuse Le Dauphiné libéré. S’il y a des sœurs ennemies à gauche, un mot sur les frères ennemis à droite. Ou comment Jean-François Copé et Bernard Accoyer sont à couteaux tirés : Le Parisien raconte leur guerre sur le règlement de l’Assemblée. "J’ai dû faire remarquer à Jean-François, pour le calmer, que Bernard a 64 ans et ne se mettra jamais en travers de sa route pour l’Elysée", raconte un député UMP ami des deux hommes.

Un hebdo lance une critique forte contre le chef de l’Etat.

L’Express. Avec ce titre : Sarkozy : main basse sur la justice. L’hebdo se dit dérangé par l’idéologie de la révolution engagée, qui entend placer les enquêtes judiciaires sous l’autorité d’un parquet soumis au garde des Sceaux. On ne pourrait mieux définir une justice aux ordres, déplore Christophe Barbier. Il y a aussi une volonté suspecte de rendre l’enquête opaque à la curiosité publique, à celle de la presse notamment. Une dizaine de pages accusatrices, alors que L’Express publie par ailleurs une enquête troublante : sur les traces des enfants nés pendant la guerre dans un manoir de l’Oise, ayant abrité l’unique Lebensborn créé par les nazis en France. Ces maternités où devaient naître des enfants parfaits, de mère française, de père allemand en l’espèce (souvent des SS). Une vingtaine d’enfants y sont nés. Une histoire restée inconnue, et aujourd’hui encore de certains de ces enfants qui ont dépassé la soixantaine !