La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Présidente du jury cannois, Isabelle Huppert s'est révélée une véritable despote.

Les tensions au sein du jury cannois sont traditionnelles, mais ça a chauffé plus que de raison cette année avec celle que Le Parisien qualifie de "présidente à poigne" ou d’omniprésidente.

(Faudra t-il parler de l’hyperprésidence du palais des Festivals, comme on le dit au sujet du palais de l’Elysée...) Hier soir, avez-vous remarqué, comme Libération, les regards agacés, sinon assassins, jaillis des yeux du réalisateur James Gray lors de la cérémonie de clôture ? Manifestement mal à l’aise avec le palmarès, ce membre du jury est entré en conflit ouvert avec Isabelle Huppert durant la parenthèse "enchanté" du festival, affirme Le Parisien. S’il n’y a pas eu d’esclandre public, des accrochages ont eu lieu en coulisse. La fantasque Italienne Asia Argento a dû subir les foudres de la présidente, en raison de ses sorties nocturnes répétées, raconte Alain Grasset.

-Vous feriez mieux de voir les films plutôt que d’aller faire la fête ! aurait lancé Isabelle Huppert à l’actrice, DJ à ses heures.

-Vous n’êtes pas ma mère, aurait rétorqué la belle Asia.

Pas de regard en coin, mais des embrassades sincères (la photo est partout) : Isabelle Huppert rayonnante et débordant de joie au côté du cinéaste autrichien Michael Haneke. Comme si c’est elle qui recevait le prix. Elle lui doit son prix d’interprétation, mais c’était il y a 8 ans. C’était pour "La pianiste". Huit ans après, Isabelle Huppert présidente du jury remet - elle-même, en principe, ce rôle est dévolu à une autre personnalité -, la Palme d’Or à Michael Haneke pour Le Ruban blanc. Aucun journal n’ose évoquer un possible renvoi d’ascenseur, comme une marque de copinage. Simple fidélité ? Seul Libé glisse qu’avec une Huppert présidente l’Autrichien avait pas mal d’atouts en main. Le Ruban blanc n’est pas contesté par la critique ; le film se passe en 1913 dans un village allemand où se construit, dans l’autoritarisme ambiant, le consentement futur au nazisme. Ce film est une explication des racines du mal, et pointe les dangers d’une société fermée sur elle-même, figée, qui fonctionne sur un modèle d’autorité militaire, basée sur l’humiliation, écrit Le Figaro. Un cinéma "clinique" précise ce journal, un film austère, glaçant, tourné en noir et blanc. Par contraste, on relève ce matin à la lecture de la presse que l’humour obtient droit de cité à Berlin pour évoquer le passé nazi ! La comédie musicale de Mel Brooks, Un printemps pour Hitler (tiré de son film) fait un tabac dans le théâtre où Hitler aimait se rendre dans les années 30 pour y voir des opérettes. Contre toute attente, raconte Libé, le public applaudit à tout rompre. Pas le signe d’un malaise. Pendant des années, rire de Hitler et surtout du nazisme était en Allemagne impensable. "Hitler est tellement ridicule, tellement nu, explique la directrice artistique, que vous êtes surpris par votre propre envie de rire". Les Allemands commencent donc à pouvoir rire du grotesque de Hitler, tel que l’avait vu Chaplin.

Politique française : le cas Claude Allègre continue de faire des vagues.

L’éventuelle nomination de l’ex ministre socialiste n’en finit pas de faire grincer des dents. Nicolas Hulot a qualifié dans le JDD l’hypothèse de bras d’honneur aux scientifiques (Claude Allègre ne croit pas à l’origine humaine du réchauffement climatique). Son nom revient dans le dossier de La Tribune sur les nominations politiques, mais cette fois, nouvelle hypothèse, selon une source, l’Elysée pourrait pousser Claude Allègre pour la direction d’Eutelsat, l’opérateur européen de satellites.

Article étonnant dans L’International Herald Tribune...

Où l’on apprend qu’en République tchèque, de drôles de méthodes sont utilisées par certaines cliniques pour recruter des infirmières (on en manque comme partout). On leur offre des opérations de chirurgie esthétique, qui coûtent plus de 3 fois leur salaire mensuel. Lifting, implant mammaire... Au choix. Une avocate des droits des femmes s’insurge. C’est une offre adaptée aux salons érotiques, pas aux cliniques. Mais Pétra, 31 ans, a succombé à la proposition : on m’a toujours dit qu’une infirmière attractive aidait les patients à se remettre plus vite, dit-elle. Ce n’est pas une starlette cannoise qui parle. Autre point de vue, Linda, 33 ans : elle a signé le contrat d’embauche convaincue par la Peugeot qui allait avec (et parce que sans doute, elle est déjà dotée de tous les atouts pour faire une bonne infirmière).