La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Certains étudiants exaspérés par le blocage de leurs facs ont rejoint les rangs des universités catholiques.

La catho, le refuge ? Certains étudiants exaspérés par le blocage de leurs facs ont rejoint les rangs des universités catholiques. Par exemple, une vingtaine inscrits en lettres et sciences humaines au Mirail à Toulouse ont choisi la migration. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle le sujet des facs catholiques va venir dans l’actualité.Passé inaperçu jusque là (dans le climat contestataire sur la réforme de l’université publique), un décret paru en avril fait craquer le monopole de cette dernière dans la délivrance des titres universitaires. Seuls les militants de la laïcité, qui estiment que la guerre scolaire est ranimée, font entendre leur voix, mais le sujet est abordé par Le Monde sur une page.

L’affaire est un peu complexe : l’accord entre la France et le Vatican donnera à ce dernier la possibilité de viser des diplômes universitaires, et semble t-il pas seulement les diplômes de théologie. Cet accord s’inscrit dans l’espace européen de l’enseignement supérieur, le processus de Bologne qui se met en place entre 46 pays pour permettre aux étudiants de commencer un cursus dans un pays et de le continuer ailleurs. Alors, n’y a-t-il pas de quoi fouetter un chat ou faut-il s’indigner ou du moins s’inquiéter de la possibilité donnée au Vatican de faire pression sur certaines formations ? "Qu’adviendra t-il des formations médicales ou de bioéthique, et de celles qui développent une approche scientifique des religions ?" se demande, toujours dans Le Monde, le sociologue Jean Baubérot.

L’affaire est politique. C’est tout un pan du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran vient d’entrer en vigueur, écrivait dans Le Monde Caroline Fourest. Le débat est vif sur Internet entre ceux qui estiment que l’affaire est moins ou plus grave qu’il n’y paraît. Ce commentaire posté hier soir sur le site du Monde : "Surtout ne pas s’arrêter en si bon chemin (de Damas). Prochaine étape : la Scientologie ouvre une université privée et fait valider ses diplômes par son siège central aux Etats-Unis". Un rapprochement audacieux, il me permet de signaler le dossier de L’Express consacré cette semaine à la Scientologie, reconnue comme un culte aux Etats-Unis. "Enquête sur la secte qui fait peur." Les adeptes de Ron Hubbard sont à Paris l’objet d’un procès pour escroquerie en bande organisée qui menace leur activité en France. Au même moment, l’une de leurs victimes (manipulé, ruiné, qui a vu sa famille détruite) publie un témoignage accablant sur leurs pratiques. Justice ou pas, la Scientologie dispose toujours de moyens redoutables (elle a recruté des ténors du barreau de Paris, maîtres Metzner, Maisonneuve ou Le Borgne) pour plaider sa cause à partir du 25 mai).

Un étonnant bug informatique qui a profité à quelque 1 million de salariés. L’assurance vieillesse vient de découvrir qu’elle a surestimé depuis 1984 le nombre de trimestres validés pour le calcul de la retraite en cas de chômage. Des centaines de milliers de salariés seraient encore concernés par l’attribution de trimestres gratuit ce qui veut dire une meilleure pension. Plusieurs milliers ont même pu anticiper leur départ à la retraite d’un trimestre. Pas question de revenir en arrière pour les pensions déjà liquidées et pour les salariés nés avant 1955. Un dossier explosif, selon Les Echos qui détaillent le bug qui aurait coûté au total depuis 1984 300 millions d’euros, peu de chose par rapport à la masse des milliards distribuées.

Toujours dans Les Echos, portrait du futur patron de France Telecom, le directeur de cabinet de Christine Lagarde : Stéphane Richard a le souci d’éviter une affaire Pérol bis il sera auditionné par la Commission de déontologie demain. Proche de Nicolas Sarkozy, il insiste sur le fait que son transfert vers France Telecom s’est orchestré en plein accord avec Didier Lombard, l’actuel et encore officiellement pour deux ans président de l’opérateur, qui dit la même chose dans le Parisien. "C’est moi qui ai demandé à Stéphane Richard de me rejoindre." Les deux hommes ont déjà parfaitement orchestré leur communication. Je reprends Les Echos… Favilla traite du dopage des valeurs toxiques aux Etats-Unis aux frais du contribuable. Edito titré "Les marchés sous cocaïnes". Il n’y a donc pas que les grands sportifs.