La revue de presse de Michel Grossiord

  • A
  • A
La revue de presse de Michel Grossiord
Partagez sur :

Si vous aviez une baguette magique, qu’aimeriez-vous changer en priorité dans votre vie ?

Seule une baguette magique permettrait de faire apparaître une pile de journaux un 1er mai...

(Quel challenge de réaliser dans ces conditions une revue de presse...) Qui n’a pas un jour rêvé de changer quelque chose dans sa vie comme par enchantement ? Partant de cette réflexion, le magazine Selection du Reader’s digest a eu l’idée d’un sondage. Question : si vous aviez une baguette magique, qu’aimeriez-vous changer en priorité dans votre vie ? 39% des Français rêveraient en priorité de changer leur poids ! Mon métier : 36%... Le mensuel considère que la crise économique est certainement responsable de cette envie de bouger professionnellement. Mon âge : 35%... Mon nez : 7%... Seuls 2% des Français changeraient en priorité leur belle-mère s’il disposait d’une baguette magique. Il fallait un jour férié et privé de journaux pour donner un écho à un sondage aussi ‘instructif’.

Un coup de baguette, et la balance penche du bon côté...

Comme les sondés, les journaux sont sensibles à l’arrivée des beaux jours : les régimes reviennent à la Une, et quelques leçons de cuisine. Oui, "on peut encore manger sain !" lance Ca m’intéresse. Comment équilibrer son assiette avec 200 aliments. Comment bouter les produits chimiques hors de nos assiettes (légumes aux pesticides, poisson au mercure, poulet à la mélamine). Le mensuel assure que les bons produits ne sont pas réservés aux portefeuilles les plus gras. Alors que les pires produits sont servis aux tables des portefeuilles les plus gras ! Les gastronomes qui ont les moyens font grand cas depuis quelques années de la cuisine dite moléculaire (moléculaire ou chimique... poudres et additifs sont les ingrédients essentiels). Le rêve est de décrocher une table au El Bulli. Mais il faut une baguette magique : l’établissement catalan reçoit deux millions de demandes pour 800 couverts par an, selon son chef, l’Espagnol Ferran Adria. L’enquête publiée par Le Monde 2 relance les interrogations sur les chefs alchimistes, comme Thierry Marx en France, célèbre pour sa quiche lorraine liquide ou les meringues cuites à l’azote. Ce n’est pas le goût qui pose problème, l’expérience gastronomique est unique, mais les effets cachés des additifs. Au début de l’année, des dizaines de clients du Fat Duck, table britannique réputée, se sont plaints de diarrhées et vomissements après s’être régalés de cuisine moléculaire. Enquête faite : ni la fraîcheur ni l’hygiène des produits n’étaient en cause. En revanche, raconte Le Monde 2, la nature de la cuisine pratiquée, avec ses doses de substances aux effets laxatifs reconnus, a été suspectée... Gélifiants, émulsifiants, amidons modifiés, monoglutamate de sodium, isomalt, colorants alimentaires, azote liquide pour glaces, sorbets et autres gâteries, etc. Et si la cuisine moléculaire était la vitrine de l’industrie chimique, qui, à travers des chefs de renommée internationale, se donnait une image gastronomique dans le public. Le public peut lui-même passer aux travaux pratiques avec l’aide de livres de cuisine qui propose recettes et généralement une ou deux pipettes et seringues. El Bulli vient d’être classé pour la 4ème année meilleur restaurant du monde.

Un autre classement dans la presse : les personnalités les plus influentes...

100 noms sélectionnés par le magazine américain Time. Barack Obama, Nicolas Sarkozy, les fondateurs du nouveau système de messagerie instantané Twitter, etc. 30 femmes et 70 hommes. Au petit jeu de l’influence, les femmes ont encore un peu de retard, mais la ministre de l’Economie Christine Lagarde a été retenue dans la liste (Forbes l’avait déjà mentionnée dans le passé). Dans Time, c’est le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner qui lui rend hommage. Quelle progression, s’émerveille le magazine américain qui, sur son site, rappelle que la ministre avait été surnommée Christine Lagaffe, pour son manque de sens politique (par exemple, quand elle recommandait benoîtement aux Français de rouler à vélo pour faire face à la hausse de l’essence). Mais tout ça appartient au passé, Christine Lagarde se révèle pendant la crise et les sommets internationaux, avant tout car elle est chez elle dans le monde anglo saxon, et qu’elle parle couramment anglais, déterminant pour la crédibilité. Christine Lagarde a fait un carton il y a quelques jours lors de son show avec le journaliste satirique Jon Stewart, à la télé américaine. On l’a vue blaguer comme jamais, offrir un béret à son hôte... -vous avez viré quelques banquiers ? -oui, je l’ai fait. -Pourriez vous en virer quelques uns chez nous ? A suivre, ses prochaines interviews en France, même si c’est plus délicat de faire rire en annonçant quelques milliers de chômeurs de plus chaque mois et la baisse du taux du Livret A. Et l’Elysée la surveille. Le Figaro s’est aussi penché sur ce nouveau statut de star internationale de la ministre de l’Economie qui réjouit l’Elysée, même si un conseiller du Chef de l’Etat glisse : "En relations internationale, elle a 20, en pédagogie de l’économie elle a 6, ça fait une moyenne de 13". Aimable.