La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Vers un "vilain" mois de mai social ?

Lyon 2...

(fermée hier après des incidents lors d’un vote qui s’annonçait très favorable à la levée du blocage, Le Progrès parle de ‘sabotage’), Lyon 2 témoigne parmi d’autres facs que le conflit universitaire s’éternise alors que la grogne s’exprime aujourd’hui à l’hôpital. Etudiants et enseignants-chercheurs, d’un côté. Médecins -si peu habitués à manifester-, et infirmières de l’autre. La contestation dans l’enseignement supérieur et celle dans la santé vont se retrouver dans la rue à Paris, à 3 jours du 1er mai : le gouvernement redoute "l’étincelle d’un vilain mois de mai", comme le dit La Lettre de l’Expansion. Sur chacun de ces dossiers, le gouvernement serait prêt à lâcher du lest et donc des crédits, afin d’éviter la coagulation avec des conflits du secteur privé. (Une "coagulation" que L’Humanité appelle de ses vœux.) Du lest ? Pas si sûr selon Les Echos qui évoquent des concessions aux mandarins ou plutôt des 'aménagements à la marge', mais aller jusqu’à remettre en cause l’idée d’un patron aux pouvoirs renforcés à la tête de l’hôpital. De l’ampleur et de la poursuite de la contestation dépendra la réponse de l’Elysée. Jusqu’où le chef de l’Etat peut-il réviser son crédo face à ce que La Tribune appelle, sans complaisance pour les médecins et les enseignants qui ne veulent pas de patron, "la révolte des savants" ?

La réponse d’un philosophe...

Marcel Gauchet, qui conteste la réforme de l’université, estime que Nicolas Sarkozy sait marier comme personne l’intransigeance verbale et une gestion très chiraquienne des compromis. Invité de Libération, Marcel Gauchet juge que le chef de l’Etat, fragilisé par ses réformes contestées, trouve dans la crise un répit qu’il a saisi avec son intelligence et sa souplesse habituelle : la crise fragilise son discours sur le fond, mais met en valeur son pragmatisme et son volontarisme, adaptés à la situation. Une ministre a trouvé dans la crise le moyen de redresser son image : Christine Lagarde, qui fut souvent critiquée pour son manque de sens politique. Elle rentre aujourd’hui des Etats-Unis, où elle a multiplié les réunions et les interviews, racontent Les Echos qui rapportent l’une de ses recettes devant les femmes économistes du FMI : "Les femmes sont comme les sachets de thé, elles révèlent leur force quand on les plonge dans l’eau". Christine Lagarde, avant de plonger dans le grand bain de la politique, fut championne de natation synchronisée. Si les médecins craignent pour leur pouvoir face à un directeur-PDG, ils redoutent aussi de perdre une partie de leur autorité face aux malades ! La Croix raconte comment Internet et ses sites d’information sur la santé, bouleverse la relation médecin-malade.

Internet dont se méfie de plus en plus de parents...

Ils sont de plus en plus nombreux à mettre leurs enfants en pension pour les sevrer de l’ordinateur. L’internat plutôt qu’Internet et l’utilisation excessive qu’ont les enfants des réseaux sociaux. Un phénomène mis en lumière par Le Figaro qui ajoute que les fanatiques de Facebook enregistreraient moins de bons résultats. Le journaliste Nicholas Carr (auteur d’un article remarqué l’an dernier : Google nous rend-il stupide ?) ajoute dans Libération que l’usage intensif d’Internet modifierait nos comportements de travail intellectuel : notre conscience s’amollit et nous commençons à perdre notre profondeur culturelle, et notre capacité de penser profondément. Le net, c’est aussi la musique et les images ! Révélation des Echos : alors que le gouvernement veut promouvoir les sites de téléchargement légaux, Itunes, le site d’Apple (le plus important), ne paie pas la TVA en France mais au Luxembourg ! Manque à gagner pour le fisc français : plus de 5 millions d’euros. Le cybermarchand Amazon pratique la même optimisation ou évasion fiscale permise pour les sociétés non européennes, du moins jusqu’en 2015. D’ici là, des dizaines de millions d’euros vont échapper au fisc.

Un mot sur le départ annoncé (par L’Equipe et Le Parisien) de l’entraîneur de l’OM, Eric Gerets…

Un pays du Golfe lui propose un pont d’or. Est-ce de nature à consoler des Lyonnais groggy, à qui l’OM a mis 6 points dans les dents pour le titre de champion de France ? Même pas, m’a soufflé Jean-Luc Boujon. Tout le monde, ici, des dirigeants aux supporters, est gagné par la résignation.