La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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L’état d’urgence sanitaire s’ajoute à l’état d’urgence économique.

L’état d’urgence sanitaire s’ajoute à l’état d’urgence économique.

Le virus de la grippe porcine détrône la contamination de l’économie par les produits toxiques (sauf à la Une de Libération qui annonce "5 milliards envolés à la Société générale", un nouveau fiasco spéculatif qui pourrait même coûter plus cher que les placements hasardeux de Jérôme Kerviel). "Il ne nous manquait plus que cela", laisse tomber La République du Centre. Et la presse de balancer entre alarmisme et appel à la raison (efforts méritoires du Dauphiné libéré, de La Croix et de la République des Pyrénées pour inciter à raison garder : gare aux peurs irraisonnées.) Quelques journaux rappellent que l’on a survécu à la grippe aviaire et au chikungunya. Rassurant, La Provence énumère : 33 millions de doses de vaccins en stock, des masques de protection à foison : 600 millions (et même 1 milliard sont disponibles s’il faut en distribuer à toute la population). Et Roselyne Bachelot est en première ligne ! L’occasion pour elle de moins se préoccuper ou de feindre de moins se préoccuper de l’hostilité (que la grippe porcine pourrait rendre moins audible) des médecins et du personnel hospitalier contre sa réforme, un mouvement qui doit inquiéter sérieusement le gouvernement, note Le Bien Public. Confirmation des Echos : "Même si elle ressemble à celle de la carpe et du lapin, l’alliance de l’infirmière et du mandarin a de quoi inquiéter le gouvernement".

Ce dernier s’attend demain à une forte mobilisation.

Les mandarins, qui se défendent de défendre leurs propres intérêts mais le service public hospitalier, ne sont pas épargnés par Les Echos. "La plupart des chefs de service s’octroient de confortables émoluments en développant une activité libérale au sein de l’hôpital", rappelle Jean-Francis Pécresse. En appui, une récente enquête de l’inspection générale des affaires sociales montre que près de 600 chirurgiens hospitaliers empochent plus de 90.000 euros par an grâce à ce secteur privé hébergé au sein de l’hôpital public. L’Expansion publie une enquête fouillée sur l’état d’urgence à l’hôpital (spécialités menacées, égalité d’accès aux soins compromise, praticiens démotivés, gaspillages... Les maux de l’hôpital s’aggravent). Le magazine économique publie par ailleurs une enquête sur le "tripatouillage" des statistiques, sale manie du gouvernement ! Bloquer les études qui dérangent, ne retenir que les données favorables : des professionnels des chiffres dénoncent les dérives, toujours plus graves, du pouvoir. Paranoïa collective ou réelle censure ? A l’Education nationale, le verrouillage s’est généralisé (une grande enquête sur le coût de l’éducation de la maternelle au supérieur est bloquée depuis le 15 janvier). Mais c’est aussi le cas à Bercy, aux ministères du Travail, de la Santé ou de la Justice, affirment des fonctionnaires regroupés dans un collectif "Sauvons la statistique publique".

Après les chiffres, les mots en question, ceux du président de la République...

"Le parler vrai de Nicolas Sarkozy déroute". Enquête de La Croix sur le style "discursif", en rupture avec ses prédécesseurs, du Chef de l’Etat, sa façon trop crue de parler. "C’est toi qu’a dit ça ? Ben descends un peu le dire !" lancé à un pêcheur du Guilvinec. Ou les propos indirects prononcés sur le premier ministre espagnol. Ce parler vrai (qui allie franchise, familiarité et fautes de français) fait débat, même parmi ses proches. Simples gaffes ou calculs ? Stratégie délibérée ou dommages collatéraux d’un tempérament volcanique ? "Il est tout le temps comme ça, on y a droit chaque semaine, constate un ministre. C’est son tempérament, il se lâche, ça sort..." Roger Karoutchi en sait quelque chose. Vilipendé pour le rejet de la loi sur le téléchargement, il annonce dans Le Figaro qu’il ne va plus quitter l’Assemblée nationale jusqu’au nouveau vote. Je n’en bougerai pas, jour et nuit. Toujours dans Le Figaro, des mots pour des maux : les personnes qui se lèvent tôt font preuve d’une moins grande capacité d’attention. Les lève tard ont l’avantage, je cite, d’avoir une activité plus grande dans les régions du noyau suprachiasmatique et du locus coeruleus, 2 structures fortement impliquées dans le signal circadien qui sous-tend l’éveil et la vigilance.