La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Ce sont les articles les plus inquiétants dans la presse du jour. Pas seulement pour le Pakistan donc, mais pour le monde- "menace mortelle" avertit la secrétaire d’Etat américaine, la première à s’inquiéter de la conquête systématique du pays (un Etat nucléaire) par les talibans.

Hillary Clinton reproche aux autorités et à l’armée pakistanaise d’avoir "abdiqué" face aux fondamentalistes qui imposent la charia (la loi islamique) aux portes d’Islamabad. Même s’ils ne sont pas présents physiquement dans la capitale, les talibans occupent déjà tous les esprits. Les écoles ferment les unes après les autres, menacées de représailles si elles continuent d’accueillir des filles. Pareil pour les clubs de sport, raconte Libération. L’envoyée spéciale du Figaro précise que les talibans ont déjà un cheval de Troie au cœur d’Islamabad en la personne de l’imam de la Mosquée rouge, libéré il y a une dizaine de jours. Dès son premier prêche, Abdul Aziz a à nouveau appelé à l’instauration de la charia au Pakistan et les prières de ce vendredi sont redoutées. Hypothèse défendue par Pierre Rousselin du Figaro : les émules d’Al Qaeda appliquent une stratégie qui ne doit rien au hasard, grignotant du terrain là où cela compte : au Pakistan. L’Afghanistan n’est pour eux qu’un piège où ils ont attiré les forces des l’Otan et les soldats de 42 pays qui s’y épuisent. Au Pakistan, les seuls attentats-suicide ont fait 1.800 morts en 21 mois. Hier un dépôt de carburant de l’Otan a été attaqué par des insurgés talibans: image impressionnante mais habituelle sur toute la Une du Herald Tribune de camions-citernes en flammes.

Le paradoxe des facs françaises. Alors que la crise n’en finit pas de durer à l’université, les étudiants français s’en détournent quand les étudiants étrangers sont recherchés au péril de graves dérives. Manchette du Parisien : faux diplômes, un professeur accuse. Un enseignant de l’université de Perpignan raconte les tricheries de certains étudiants chinois, l’un d’eux lui a tendu un jour une liasse de billets de 500 euros pour obtenir la validation de son diplôme. Une révélation qui fait écho aux tentatives similaires de corruption à l’université de Toulon."Le système de financement des universités est pervers, explique ce maître de conférence, puisque l’argent qu’elles reçoivent du ministère dépend du nombre d’étudiants inscrits."Comme les amphis ont tendance à se vider, il a fallu les remplir en recrutant à l’étranger. Le Parisien explique la chaîne administrative qui permet à des jeunes Chinois de venir étudier en France… sans maîtriser le Français (les fraudes commencent à Pékin). En cette période d'inscription, les facs souffrent de leur mauvaise réputation auprès des lycéens français, particulièrement boudée, selon Le Figaro, Rennes 2 qui vit cette année son troisième blocage en trois ans, Toulouse-Le Mirail, Montpellier III, Henri IV-La Sorbonne, la plupart des présidents d'université s'efforcent en ce moment de limiter les dégâts en bourrant les emplois du temps pour sauver les examens des étudiants. Les enseignants les plus radicaux se sont prononcés pour la validation automatique du semestre, on peut juger par là de la valeur qu'ils accordent à leur propre enseignement, écrit l'éditorialiste des Echos. Faut-il ne faire porter les examens que sur 75% ou 80% des programmes? On paiera en somme un diplôme le trois-quarts de son prix… ironie de l'histoire, au milieu de ce trouble éclate le scandale des étudiants chinois venus en France acheter leur parchemin.

Deux femmes politiques à la Une également. Le Figaro voit Ségolène Royal lâchée par tous ses proches. Rachida Dati est elle la cible de Libé qui reproduit sur toute sa première page son hésitation sur le rôle de l'Europe, "elle s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper", etc. Ca ne fait pas rire les éditorialistes qui y voient u n dédain de la politique et de l'Europe, avec cet édito machiste de Jacques Camus de La République du Centre puisqu'il est titré : " A chacun sa bécassine, l'une s'excuse à tout va, l'autre prend l'Europe par-dessus la jambe. Alain Juppé dit souhaiter une réduction du bouclier fiscal et appelle Roselyne Bachelot à répondre aux inquiétudes des médecins, pour penser qu'être droit dans ses bottes est plus une qualité qu'un défaut, à condition d'avoir un peu de souplesse au niveau du corps, lance Alain Juppé qui paraît-il ait trente minutes de sport tous les matins. Puis surprise,
Paul Wermus a rencontré pour France Soir Henri D'Orléans, Comte de Paris. Face à la crise, suis-je un recours? Ca dépend des Français, alors non!