La revue de presse d'Emmanuel Maubert

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La revue de presse d'Emmanuel Maubert
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Aujourd'hui dans vos quotidiens : la grippe A, les maisons de retraite et des éléphants privés de baignade.

Ce matin, c’est le grand retour de la grippe A dans les journaux.

La plupart des quotidiens titrent en effet sur les mesures annoncées hier par Luc Chatel, le ministre de l’Éducation. Mais ce "plan de prévention qui sera appliqué lors de la rentrée scolaire" semble laisser nos confrères, quelque peu sceptiques. La Tribune résume bien le sentiment général en titrant "Grippe A : le gouvernement en fait-il trop ?". La Tribune souligne ainsi que "la polémique se développe sur l’attitude alarmiste des pouvoirs publics, face aux risques réels que représente le virus H1N1". Alors, je ne reviens pas sur les mesures en tant que telles (on vous les a expliqué sur Europe 1), mais donc la presse, à l’image du Figaro, pointe "les questions auxquelles le ministre n’a pas encore répondu, comme par exemple, le fait de savoir si les professeurs dont l’enfant serait malade, vont devoir venir travailler ?". Quid, aussi, de cette "solidarité familiale" mise en avant par Luc Chatel, pour faire garder les enfants dont la classe ou l’école serait fermée. L’Humanité parle carrément du "virus de l’esbroufe" du Ministre, car "il reste à savoir comment les parents vont réellement pouvoir s’organiser. Surtout", ajoute le journal communiste, "surtout dans les ménages les moins aisés, qui n’ont pas les moyens d’investir dans une garde d’enfants". Le journal Les Echos, pour sa part, note que si Luc Chatel a insisté sur le rôle que devraient jouer les médecins et les infirmiers scolaires, leur syndicat (à ces médecins et ces infirmiers) s’étonne de "n’avoir reçu aucune information officielle sur le dispositif". Bref, "le gouvernement en fait-il trop ?". Disons que "la jurisprudence canicule 2003 a joué", écrit Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d’Alsace. "Plus question pour un ministre d’être pris au dépourvu. Mais le risque, c’est de faire naître une inquiétude, qui, jusqu’à présent n’existait pas dans la population".

Et en marge du plan du gouvernement pour la rentrée, cette Grippe A mobilise aussi les chercheurs.

"La course au vaccin s’accélère" titre en effet le journal les Echos, qui nous apprend que "les industriels de la pharmacie (les labos, donc) passent à la vitesse supérieure". "Sanofi-Aventis va ainsi entamer cette semaine des tests cliniques, en France et en Finlande". Au total, nous dit Les Echos, "plus de 1 milliard de doses de vaccin ont d’ores et déjà été commandés dans l’hémisphère nord". L’hémisphère nord, les pays riches, (nous, si vous préférez), qui outres les inquiétudes plus ou moins fondées autour de la grippe A, doit aussi faire face à la dépression chronique de ses habitants. Le Parisien/Aujourd’hui en France célèbre ainsi les 20 ans du Prozac. "En août 1989 débarquait en France la fameuse "pilule du bonheur". Mais cette "révolution médicale dans le traitement de la dépression et des coups de blues, marque le pas". En effet, nous dit Le Parisien, le Prozac a vieilli. Il est dépassé par d’autres produits plus récents. "Le Prozac ne représente plus aujourd’hui que 2% du marché mondial des antidépresseurs". Et le coup de grâce devrait venir du Valdoxan, qui devrait être mis sur le marché dans quelques mois". Un nouveau traitement très prometteur.

On reste dans le domaine de la santé, avec la question des maisons de retraites. Elles risquent d’être encore plus chères.

C’est du moins ce que craint le journal La Croix qui en fait toute sa Une, ce matin. "Alerte sur les tarifs des maisons de retraite". "Un projet de décret du Ministère du Travail prévoit ainsi de libéraliser le prix de l’hébergement dans les structures publiques et associatives, accueillant des personnes âgées dépendantes". Conséquence, explique La Croix : "les familles pourraient payer davantage". Ce document, qui "fait l’objet de critiques de toutes parts", fait donc craindre une forte hausse des tarifs. Mais ce n’est pas tout ! Selon La Croix, l’application de ce décret pourrait aussi amener les établissements à réduire leurs dépenses et réaliser des économies sur le personnel (qu’on croyait pourtant déjà en sous-effectif !). Le directeur d’une maison de retraite de Meaux, en région parisienne, a fait ses calculs. Si le décret passe, il devra supprimer 15 des 46 postes, qui composent son personnel soignant.

On va terminer par cette petite histoire, qui se passe du côté de Granville, dans la Manche.

C’est France Soir qui nous raconte ça. Figurez que là-bas, les éléphants n’ont plus le droit de se baigner sur la plage. Alors, ça demande quelques explications. L’année dernière, les éléphants du Cirque Pinder se sont baignés, et ils ont fait leur besoin, dans la mer. Du coup, l’eau avait été polluée par les excréments des animaux, et la plage avait du être fermée. Le maire de Granville ne veut pas revivre ça, cette année. Il a donc signé un arrêté municipal pour interdire à Bambi et à Rosa, les éléphants du Cirque Amar, de se baigner. Pas question de polluer l’eau et de faire fuir les vacanciers, dit-on à la mairie. Mais ces dernières heures, raconte France Soir, "plus de 600 mails de soutien sont arrivés au Cirque, pour réclamer la liberté de circuler pour les éléphants à Granville". En tout cas, un peu plus au sud, à la Rochelle, là, les éléphants pourront circuler tout à loisir, la semaine prochaine. Vous me voyez venir, avec ma blague minable, il s’agit bien sûr des éléphants du PS, lors de l’université d’été des socialistes.