La revue de presse d'Emmanuel Maubert

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La revue de presse d'Emmanuel Maubert
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Aujourd'hui dans vos quotidiens : la crise qui s'en va, les SDF qui affrontent l'été autant que faire se peut et un étrange concours de Miss.

Une bonne nouvelle, ce matin : ça y est, la crise est finie.

Pas d’emballements démesurés, mais, c’est vrai qu’en lisant le gros titre du journal Le Parisien, on se prend à rêver : "Crise : il y a des raisons d’espérer". Alors, il faut sans doute éviter toute précipitation, mais notre confrère se demande quand même "si le pire de la crise économique et financière n’est pas derrière nous ?". Et Le Parisien de noter que "certains clignotants passent au vert aux Etats-Unis, le pays d’où tout est parti". "En France", poursuit le journal "l’immobilier frémit, les banques sont convalescentes, les ventes de voitures sont en hausse et la Bourse a repris des couleurs". Confirmation dans Le Figaro, qui souligne que "les entreprises du CAC 40 s’arment pour la reprise", dans la mesure où plus de la moitié de ces sociétés "ont publié des résultats semestriels meilleurs que prévu". "Les investisseurs ont applaudis", poursuit Le Figaro, qui insiste sur le fait que "le marché retenait son souffle. Il peut à nouveau respirer". Alors "faut-il croire à la reprise économique ?" s’interroge Le Parisien. En tout cas pour la BNP Paribas, tout semble bien aller ! "3 milliards de profits en 6 mois", titre La Tribune, et Les Echos notent que "BNP Paribas fête ses 10 ans en pleine forme". Le Figaro enfonce le clou, en signalant que désormais le groupe bancaire, "devient le 1er établissement de dépôt en Europe", avec l’intégration du belge Fortis. Dans La Tribune, Baudouin Prot, le patron de BNP Paribas, évite toutefois tout triomphalisme, en expliquant que ses "résultats sont satisfaisants, mais nous portons les marques de la crise". Tu parles !, semble lui répondre Libération sur toute sa Une. Libé explique ainsi que c’est "le retour des bonus", car BNP Paribas "va discrètement accorder autour d’un milliard d’euros de primes à ses traders". On parle de 59 000 euros de bonus par personne. Et ce "cadeau" devrait être versé au début de l’année prochaine. Libération parle de "scandale", même si, il faut bien le préciser, il n’y a rien d’illégal là dedans, mais, comme le note Nicolas Cori de Libé, "les citoyens français qui ont apporté 5 milliards d’aides à la BNP pour lui éviter de couler, fin 2008, partageront-ils cette opinion ?" A propos de cette aide de l’Etat, Baudouin Prot dans la Tribune, annonce qu’il pense commencer à rembourser le gouvernement début 2010. Au moment donc, où devraient être versés les bonus. "La crise, quelle crise ?", s’étrangle Libération. En tout cas, comme le dit Le Parisien, il y a, peut-être, "effectivement des raisons d’espérer". Surtout si on est trader à la BNP.

Alors qu’on parle de grosses sommes d’argent, les SDF essayent de passer l’été, comme ils peuvent.

Le journal La Croix note ainsi que "L’été, il n’y a pas de répit pour les sans-abri". En juillet/août, "les structures d’accueil sont moins nombreuses" explique La Croix, et une responsable d’Emmaüs, souligne "qu’il y a autant de morts chez les SDF, l’été que l’hiver". "Ce n’est pas le froid qui tue, mais les conditions de vie dans la rue." Et Veronique Otchoumou de chez Emmaüs, ajoute "qu’en hiver tout le monde va s’émouvoir du sort de ces sans-abri. Mais l’été, ils sont plus facilement considérés comme nuisibles, dérangeants. Les gens hésitent moins à appeler la police pour les déloger". France Soir est à l’unisson, en insistant sur le fait que "la torpeur de l’été tend à faire oublier la précarité".

On va terminer avec cette histoire, étonnante, de Miss au Cambodge.

Et pas n’importe quelles Miss : il devait s’agir des Miss Mine anti-personnelle. "Devait", car cette élection prévue vendredi à Phnom Penh, a finalement été annulée par le gouvernement cambodgien. C’est Libération qui nous raconte ça, ce matin. Une annulation, car selon le porte parole du 1er Ministre, cette élection "moquait les handicapées et portait atteinte à leur dignité et leur honneur". Ce concours se proposait donc d’élire Miss mine anti-personnelle, autrement dit, les femmes qui se présentaient ont toutes été victimes de ces mines, avec pour conséquence, un pied arraché, une jambe perdue, un bras mutilé par une explosion. L’organisateur de ce concours, un norvégien, a un tout autre discours. Pas d’atteinte à la dignité, mais au contraire, écrit Libé, il s’agissait de "restaurer la fierté et la confiance en soi à des femmes meurtries par les conséquences de la guerre", le 1er prix de ce concours devant être une prothèse dernier-cri. Déjà, début 2008, Morten Traavik avait organisé un concours "Miss mine antipersonnel en Angola". Les échos avaient été positifs, d’où l’idée d’organiser une nouvelle manifestation au Cambodge, un autre pays ravagé par ces mines. Mais donc, Phnom Penh en a décidé ainsi, il n’y aura pas d’élections, du moins, officiellement, car Libération nous apprend que ce concours se poursuit en fait sur Internet. On peut voter sur le site "miss-landmine.org", jusqu’au 3 décembre, journée mondiale des handicapés. Sur ce site, on voit les photos de ces femmes, sans jambe, sans bras, parfois avec une prothèse, mais toutes sont dignes, avec un large sourire. Un reportage passionnant, signé Arnaud Dubus, à lire ce matin dans Libération.