La revue de presse d'Emmanuel Maubert

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La revue de presse d'Emmanuel Maubert
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Aujourd'hui dans vos quotidiens : réactions à la chaîne après l'annonce du ministère de l'Agriculture sur les remboursement des aides.

Ce matin, les journaux reviennent longuement sur ces 500 millions d’euros réclamés aux agriculteurs français.

Les révélations faites hier par le journal Le Parisien, sur ces aides indûment perçues, occupent les grands titres aujourd’hui. Si La Croix explique sobrement que "les agriculteurs refusent de rembourser les aides reçues", si France Soir note que "les producteurs refusent de payer la facture", si Le Figaro parle du "casse-tête du remboursement des aides", le journal La Tribune met surtout en avant le fait que c’est "une décision qui tombe mal", car, enchaîne Libération "l’affaire tombe au plus mal pour cette filière des fruits et légumes", qui est "en grande difficulté". Et Libé donne ce chiffre : "le revenu des exploitants d’arboriculture a plongé de 37% l’an dernier". En cause, selon Le Figaro "les changements d’habitudes de consommation. Une personne mange en moyenne aujourd’hui 84 kg de fruits par an, contre 191 kg en 1990". Et La Tribune confirme, en relevant que "rien n’y fait. Pas même les recommandation diététiques d’avaler 5 fruits et légumes par jour". Il faut dire que les fruits et les légumes ont un problème de taille, ajoute La Tribune : "ce sont des produits bruts qu’on ne peut pas passer au micro-ondes". Et la présidente de la Fédération des légumes de France de déplorer que "beaucoup de français ne savent pas les préparer", ces fruits et ces légumes. C’est vrai ! On ne sait plus cuisiner, et il y en a un qui, justement, semble avoir bien du mal avec la "popote politique", c’est Bruno Le Maire.

Le Ministre de l’agriculture en prend pour son grade, ce matin.

"Venir dire aux producteurs de fruits et de légumes, en plein été, qu’ils vont devoir rembourser les 500 millions d’aides, c’est entrer dans la grange pleine de foin avec un briquet allumé", commente Daniel Ruiz dans son éditorial de La Montagne. Pour Olivier Picard des dernières Nouvelles d’Alsace, Bruno Le Maire a "manœuvré avec une moissonneuse dans une impasse politique". Et Olivier Picard dit "plaindre sincèrement le Ministre". C’est vrai que "c’est un 1er test politique" pour Bruno Le Maire, estime le journal les Echos. Et l’un de ses prédécesseurs, le socialiste Jean Glavany, parle dans Le Parisien, "d’une petite faute de jeunesse" de la part de l’actuel Ministre de l’agriculture. "Il est clair qu’il s’est un peu précipité dans cette affaire, et qu’il aurait dû attendre le résultat du recours déposé par la France devant la Cour de justice européenne". Et le journal L’Humanité, qui parle carrément de "racket sur les maraîchers", insiste surtout sur la faute de l’ancien Ministre de l’agriculture, Michel Barnier. Si il a bien déposé un recours pour contester le montant réclamé par Bruxelles, "il s’est bien gardé, en tant que candidats aux élections européennes, d’en dire un mot et de mettre en garde les français, et pas seulement les producteurs de fruits et de légumes, contre les logiques de l’Europe ultra-libérale". Et voilà ! Haro sur l’Europe, selon L’Humanité, et c’est bien ce que craint Yves Thréard du Figaro : que cette affaire "n’apporte de l’eau au moulin des détracteurs de l’Union Européenne. De tous ceux, à gauche et à droite, qui font commerce de l’europhobie. Et c’est dommage".

Après les fruits et légumes, direction le Mexique avec cet incroyable reportage de Libération, sur le SAE.

Le SAE, c’est un service de l’administration mexicaine spécialisé dans la confiscation des biens saisis au domicile des barons de la drogue. "Lorsqu’un narco-traficant est arrêté", explique Libération, "tout son patrimoine est saisi. S’il est innocenté, tous les biens lui seront restitués, mais s’il est reconnu coupable, tout sera vendu aux enchères". C’est ainsi, nous dit Libé, que "tous les 3 mois, l’État mexicain organise des ventes aux enchères" pour se débarrasser de quelques unes des 114 millions de pièces stockées dans de véritables cavernes d’Ali Baba. Photos à l’appui, on a un aperçu de ces biens : bijoux en or, voitures de luxe, et même des armes plaquées or ou argent ! Sur la double page de Libération, on voit justement des kalachnikovs plaquées or, du meilleur goût. Des avions, aussi sont saisis. Des petits Cesna, qui ont servis à transporter la drogue. Mais le problème, c’est que parfois, ce sont d’autres trafiquants qui rachètent ces avions. Le responsable des ventes explique ainsi à Libération que "sa surprise fût grande quand il a revu le même avion, 6 mois après l’avoir vendu". Cet avion avait resservi aux trafiquants. Mais ça n’est pas tout ! Parmi les bien saisis chez les trafiquants de drogue, il peut y avoir des surprises, comme cet ours et ce lion. "Une manière d’exhiber leur pouvoir", peut-on lire. "Manière aussi de rendre hommage au "capo" colombien, Pablo Escobar, qui avait installé un véritable zoo dans son jardin". Si ça vous dit, sachez qu’une vente est organisée à Mexico à la mi-août. La pièce maitresse ne sera pas un ours, mais un avion, un DC9 de 120 passagers. Les narco trafiquants ont sans doute de grandes familles à transporter !