La revue de presse d'Emmanuel Maubert

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La revue de presse d'Emmanuel Maubert
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Aujourd'hui dans vos quotidiens :la grippe A, le Bio remis en question et la belle histoire d'un constructeur de glaciers artificiels.

Sans surprise, la Grippe A occupe une large place dans les journaux ce matin.

"L’épidémie entre dans une nouvelle phase", comme le titre le journal Les Echos, après ce "1er mort annoncé hier en France". Un 1er décès, qui "soulève de nombreuses questions", explique Le Parisien/Aujourd’hui en France, qui s’empresse toutefois de bien préciser que "la jeune fille de 14 ans", décédée hier, "était déjà atteinte d’une grave infection pulmonaire". Cela dit, "ce drame pourrait se renouveler", écrit Le Parisien.. Et nos confrères font parler un médecin-urgentiste qui fait état d’un "scénario catastrophe de plus d’un million de morts en Europe, dus à la Grippe A, dont 89 000 en France". Mais, cet urgentiste, ajoute que "l’hypothèse la plus probable serait de 10 à 20 000 décès chez nous, soit 2 à 4 fois plus, tout de même, qu’une grippe saisonnière sévère". Pas de quoi nous rassurer, donc ! Et France Soir enfonce le clou en rappelant que l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé a bien prévenu que 100% de la planète sera touchée par cette Grippe A. Mais, "arrêtez un peu, les médias !" lance la Professeure Christine Katlama de la Pitié-Salpêtrière, rencontrée par le journal Libération, au Cap, en Afrique du Sud, en marge de la Conférence sur le Sida. La Professeur est "un rien agacée" par cette déferlante médiatique autour de la grippe, et elle déplore que "quand il y a eu les 1ers cas, on nous a fait un cirque, on a bloqué des lits dans nos services, on a tout isolé. C’était totalement exagéré et déplacé". Une autre médecin, toujours dans Libé, ajoute que "plus les gens en parlent (de cette grippe), plus ils disent des bêtises". Alors, en parler ou pas ?? Faire peur ou pas ? Alerter ou pas ? C’est toute la question, encore ce matin. Et c’est cette "quadrature du cercle", que souligne Jean Levallois dans La Presse de la Manche, en notant "qu’il ne sert à rien de crier au feu lorsqu’il n’y a pas d’incendie, mais non seulement ce n’est pas interdit, et c’est même fortement conseillé, de débroussailler autour de chez soi pour ne pas donner de l’alimentation au brasier lorsqu’il se rapproche des maisons". Métaphore "feux de forêts", donc, et Hervé Cannet dans le Nouvelle République du Centre-Ouest estime de son côté, que "le décès de cette jeune fille ne doit pas servir de signal à un affolement collectif". D’ailleurs, en écho, Le Parisien rapporte les propos entendus dans l’entourage de Roselyne Bachelot : "de la même manière qu’il y a des morts avec la grippe hivernale, il faut s’attendre à des morts avec le H1N1.. C’est malheureusement, dans l’ordre des choses".

On reste dans le domaine de la santé, avec cette révélation : en fait, cela ne sert à rien de manger Bio.

Voilà qui va, sans doute, vous faire causer ce matin, maintenant que vous avez peut-être pris l’habitude de manger des produits estampillés Bio. Le Figaro met ainsi en Une cette étude britannique, qui explique que "les bienfaits de l’alimentation bio sont remis en question". "Les produits issus de l’agriculture biologique ne sont pas plus sains que les aliments ordinaires" peut-on lire. Le bio "n’est pas plus bénéfique pour la santé, et n’offre pas non plus d’avantages nutritionnels supplémentaires, que ce soit vis-à-vis des apports en calcium, en fer ou en vitamine C". Or, ajoute Le Figaro, les consommateurs les paient, ces aliments bio, "en moyenne 25% plus cher". En France, le marché du bio a augmenté de 60% en 3 ans, et représente aujourd’hui un chiffre d’affaire de 2 milliards et demi d’euros. C’est "un coup dur" pour les adeptes du bio, lance Le Figaro, qui rappelle au passage qu’une étude similaire avait été menée en France en 2003, avec les mêmes conclusions sur l’absence d’intérêt des aliments Bio. Mais ça n’a pas empêché le marché d’exploser !

Une belle histoire, également, dans la presse ce matin.

Belle histoire, en forme d’innovation technique. C’est à lire dans le journal La Tribune, qui nous entraine sur les pentes de l’Himalaya, côté indien, à la rencontre de cet homme, Chhewang Norphel, un retraité de 74 ans, qui fabrique rien moins que des glaciers artificiels. On parle sans arrêt du réchauffement de la planète et de la fonte des glaciers, eh bien, lui, Chhewang Norphel, il les fabrique, ces glaciers ! Depuis des années, il observait les paysans des plaines, au pied de l’Himalaya, se désespérer de voir leurs champs "manquer d’eau au printemps, au moment des semis. Les récoltes étaient souvent compromises, à cause de la sécheresse, alors que durant l’hiver, l’eau des torrents glaciaires coulait à flots sans être utilisable". Du coup, cet homme a eu l’idée de construire des petites retenues en béton et en pierres sèches. L’eau des torrents est ainsi freinée, et durant l’hiver, elle gèle par endroits, forme des mini glaciers, et au printemps, tout naturellement, l’eau de ces petits glaciers artificiels commence à fondre, elle coule lentement et, en contrebas, elle va irriguer les champs des paysans. "L’une des beautés du concept", explique La Tribune, "c’est que les techniques utilisées sont toutes simples". C’est vrai que c’est facile à réaliser, c’est pas cher, et ça peut sauver les récoltes. Ça se passe donc au Ladakh, dans le Nord de l’Inde, avec cet homme, qui n’a, sans doute, pas eu besoin d’un Grenelle de l’Environnement, pour se décider à faire du bien à la planète.