La revue de presse d'Emmanuel Maubert

  • A
  • A
La revue de presse d'Emmanuel Maubert
Partagez sur :

Aujourd'hui dans vos quotidiens : encore et toujours la santé du président, les salariés de New Fabris et des radars de moins en moins performants.

Ce matin, une image revient dans les journaux, celle de Nicolas Sarkozy sur le perron de l’Élysée.

C’est même selon, France Soir, "un fait exceptionnel que de voir ainsi le Chef de l’État improviser une mini-conférence de presse" sur ce perron de l’Élysée. Une mini-conférence de presse où Nicolas Sarkozy a confié "je suis un homme comme les autres". Une phrase que France Soir a décidé de mettre en Une. "Un homme comme les autres", le Président entendant par là, que son petit coup de pompe, sa "panne d’essence" de dimanche, peut arriver à tout le monde, et donc aussi à lui. "En communiquant lui-même, le Chef de l’État a voulu, une fois de plus, donner l’image du responsable politique moderne, qui ne se dérobe pas", analyse le journal La Croix, mais dans le Dauphiné Libéré, Didier Pobel se demande, lui, si avec ces "10 minutes durant lesquelles le Chef de l’État s’est penché sur sa propre personne, ce "malade bien portant" n’en a pas, une fois de plus, un peu trop fait". En écho, le journal Libération trouve qu’hier, sur les marches de l’Élysée, Sarkozy a "surjoué le citoyen ordinaire aspirant au repos et au bonheur familial". Et Libé, de se moquer de cette scène irréelle de voir hier, je cite "des perroquets s’échapper du dernier Conseil des Ministres avant les vacances. Bien dressés, ces perroquets ont répétés en boucle le mot d’ordre que leur maître leur avait appris à marteler, à savoir : "il est en pleine forme". Alors, "en pleine forme" ou pas, notre Président ? Lui, le dit (on l’a bien compris), mais Le Figaro note que le ton de Nicolas Sarkozy, hier, était "moins assuré qu’à l’accoutumée, et il s’est montré paradoxalement plutôt fatigué". France Soir aussi, a vu un Président "souriant mais fatigué". Fatigué peut-être, mais bon, Le Parisien/Aujourd’hui en France note que Nicolas Sarkozy compte bien "rester fermement aux commandes", d’autant qu’après les vacances «il n’entend pas vraiment changer de rythme». Le Figaro met ainsi en Une "les grands chantiers de la rentrée" que prépare déjà Sarkozy, à savoir : le grand emprunt, la fin du juge d’instruction, la taxe carbone et la reforme territoriale. Un cinquième grand chantier, ce sera peut-être de distribuer les quelques 4 000 boîtes de chocolats reçues depuis lundi à l’Élysée, pour souhaiter un prompt rétablissement au Président.

Et avant les vacances, Carla Bruni pourrait aller visiter une usine.

Oh, pour le moment, rien n’est prévu ! Ce matin, la 1ère dame doit plutôt boucler les valises, mais Carla à l’usine, les ouvriers de Newfabris en rêvent. Libération a passé 24h avec ces ouvriers en lutte, et Bernard, qui monte la garde devant son usine promise à la fermeture, lance comme une boutade : "On veut Carla, on veut qu’elle vienne visiter l’usine pour expliquer à son mari". Éclats de rire des collègues de Bernard, car ils savent que la route du Cap Nègre ne passe pas par Châtellerault. Au-delà de la blague de Bernard, le récit de ces 24h aux côtés des salariés licenciés de Newfabris est poignant. Comme lorsque celui qui est surnommé Coluche, 37 ans d’ancienneté, raconte le jour où tout s’est arrêté : "Je travaillais sur une pièce. Un gars est arrivé, m’a tapé sur l’épaule et m’a dit 'c’est fini'. J’ai tout coupé, je savais alors que c’était définitif". Plus loin, écrit Luc Peillon de Libération, Corinne, Maryse et Laurence sont assises autour d’un café. "Les trois copines se remémorent les années passées à Newfabris. Les pots avant les vacances, les repas de Noël, les quêtes au moment des naissances, le buffet offert par la direction pour les 50 ans de l’usine. C’était la belle époque. C’était avant que les financiers arrivent et pillent la boîte". "On était heureux", dit Maryse. "Avec 1 600 euros net par mois, on n’allait pas au resto tous les jours, mais on vivait bien". Titre de ce reportage à lire dans Libération, ce matin : "Silence des machines, paroles des ouvriers".

Et puis, dans la presse, ce matin, une information étonnante, les radars flashent de moins en moins.

C’est le Parisien qui nous dit ça. À la veille du fameux chassé-croisé des vacanciers, (les "juilletistes" et les "aoûtiens"), on apprend donc que les radars ne sont plus forcément des machines à sous. "En cinq ans, les radars automatiques ont perdu de leur efficacité", peut-on lire. À Paris, sur le périphérique, les infractions à la vitesse accusent une chute vertigineuse de 55%. Et la tendance est identique à Paris intra-muros avec une baisse du nombre de flashs de prés de 14%. Explication du Parisien : "les automobilistes ont appris à lever le pied, mais surtout, ils connaissent très bien les emplacements des radars fixes, et puis, de plus en plus se sont équipés d’avertisseurs de radars, et de GPS prévenant les zones surveillées par les radars". Mais dans le même temps, le Parisien note que les gendarmes vont multiplier les contrôles avec des radars mobiles, qui eux, ne sont pas signalés par les avertisseurs ni par les GPS.