La revue de presse d'Emmanuel Maubert

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La revue de presse d'Emmanuel Maubert
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Aujourd'hui dans vos quotidiens : le malaise de Nicolas Sarkozy et les conséquences multiples de la grippe A.

À nouveau, ce matin, la presse revient sur le malaise de Nicolas Sarkozy, dimanche.

Un malaise qui aurait dû "rester secret", c’est le Canard Enchaîné, ce matin, qui l’affirme. Selon un ministre de 1er plan, "la 1ère réaction de l’Elysée fût de tenir secret ce malaise", mais "manque de chance !", explique Le Canard, "un journaliste de la radio RFI venait de croiser dans les allées du parc de Versailles, un Sarko en train de courir et déjà passablement éprouvé". Et puis, "d’autres témoins ont aperçus les deux hélicoptères qui se posaient à la Lanterne". Impossible, donc, "de garder plus longtemps l’info sous le coude, et c’est pourquoi, à 15h, dimanche, l’Elysée publiait un 1er communiqué". La suite, on la connait. En tout cas, hier, un coup de fil a particulièrement fait plaisir au Président, selon le journal Le Parisien.. Ce coup de fil, c’est celui de Jacques Chirac. Le prédécesseur de Nicolas Sarkozy était sur ses terres de Sarran, en Corrèze, et c’est depuis le Musée qui porte son nom, que Jacques Chirac a téléphoné à Nicolas Sarkozy, histoire de lui souhaiter un prompt rétablissement. "Un geste de courtoisie particulièrement apprécié par l’Elysée", nous dit le Parisien. Mais, concernant l’état de santé du Chef de l’Etat, le même Parisien s’interroge quand même sur la date exacte du départ pour le Cap Nègre, où le Président doit passer ses vacances. "Pas avant jeudi soir ou même vendredi", écrit notre confrère, avant de poser la question : "le voyage en avion, dans un laps de temps aussi court après le malaise, aurait-il été déconseillé par l’équipe médicale ?" Officiellement, rien de tout ça, puisque si Nicolas Sarkozy reste encore 2 jours à Paris, c’est "parce qu’il a encore quelques rendez-vous de travail".

Du travail, pour préparer, peut-être, la campagne de 2012, car, ça y est, Sarko 2012, c’est parti, croit savoir le Canard Enchaîné.

"La direction de l’UMP a tenu un séminaire, en toute discrétion, la semaine dernière", pour donc "lancer la campagne présidentielle de Sarko". Selon le Canard, deux sites internet vont être ouverts en octobre. Le site, rénové, de l’UMP et un second, original, qui entend "ratisser large en créant un réseau social pour lancer des actions locales ou nationales, gérer des pétitions et animer des débats". Ce site aurait d’ailleurs déjà un nom, affirme Le Canard : "les créateurs du possible". Ségolène Royal avait "les désirs d’avenir", Sarko aura donc "les créateurs du possible".

Avant 2012, il y aura la rentrée de septembre. Une rentrée qui risque d’être placée sous le signe de la grippe A.

Et alors qu’un responsable de la Préfecture de Police de Paris explique dans Le Figaro "qu’il serait irresponsable de diffuser des informations inutilement anxiogènes", le moins que l’on puisse dire, c’est que la presse, encore ce matin, nous fait sacrément peur ! Si Le Parisien explique qu’il devrait y avoir, en fait, "deux vaccins", dont un, préparé avec la souche du virus de la grippe aviaire, (et qui devrait être commercialisé dés septembre), Le Figaro reprend les propos de Roselyne Bachelot hier, avec ce "passage probable en alerte maximale", à la rentrée. Alors, je passe sur les fermetures des écoles et des crèches, mais ce que note Le Figaro, c’est que le plan du gouvernement prévoit aussi de demander aux français "de stocker de l’eau et de la nourriture". Les pharmacies seraient sécurisées, avec "un plan anti-hold-up" pour éviter les casses visant à dérober les masques de protection et autres vaccins. Le Figaro évoque même, (si la pandémie devait prendre un tour dramatique), "la réquisition de quelques 200 corbillards et 400 camions frigorifiques", (pour, on imagine, stocker les cadavres). Quand je vous disais que la lecture des journaux, ce matin, faisait peur !

La grippe A serait toutefois un bon business pour certains.

"C’est le paradoxe de la pandémie" écrit Alexandre Debouté du Figaro Economie. "La grippe A, c’est aussi une bonne affaire". Bonne affaire pour les fabricants de masque, les fabricants de gels nettoyants et, bien sûr, les laboratoires qui vont fabriquer le vaccin. Novartis aurait ainsi reçu commande de 100 millions de doses. À 10 dollars le vaccin (vous avez fait le calcul), ça nous fait 1 milliard de dollars (706,2 millions d 'euros). Glaxo-Smith-Kline table, pour sa part, sur 195 millions de doses, pour un chiffre d’affaire d’1 milliard 300 millions de francs suisses (853,6 millions d'euros). Quant au laboratoire Roche, qui fabrique le fameux Tamiflu, les experts tablent sur un chiffre d’affaire de 2 milliards de francs suisses en 2009 (1,3 milliards d'euros), contre 600 (petits) millions l’année dernière (393,9 millions d'euros). Bref, estime Le Figaro, "la menace H1N1, c’est aussi un vrai business".

Et la grippe a aussi des conséquences religieuses !

C’est toujours Le Figaro - décidément - qui raconte ça. Au Brésil, l’église catholique, par exemple, demande aux fidèles de ne plus se donner l’accolade durant les messes, ni de se tenir par la main durant les prières. L’hostie doit désormais être déposée dans la main, et non plus dans la bouche. Et puis, l’église du Portugal a carrément fait retirer l’eau des bénitiers, pour éviter que tout le monde y trempe sa main ! Si vous me permettez, il s’agit en quelque sorte d’échapper au "contaminez vous, les uns, les autres !"