La chronique développement durable de Brigitte Béjean

  • A
  • A
La chronique développement durable de Brigitte Béjean
Partagez sur :

Brigitte Béjean consacre sa chronique à un nouveau procédé naturel de traitement des fraises. Dans Europe 1 matin avec Aymeric Caron.

Ca vous est forcément déjà arrivé : vous achetez une barquette de fraises, et avant même de la déguster vous découvrez une petite tâche de moisissure grise qui touche l'une des fraises avant de se répandre sur toutes les autres. Une solution, qui plus est, sans produit chimique, a peut-être été trouvée.

Cette petite pourriture grise, c'est un champignon et pour lutter contre cela, on utilise un fongicide. Alors, un fongicide chimique, ça fonctionne, ça évite que cette pourriture ne s'installe, car elle est tout de même capable de ruiner un quart d'une récolte si elle n'est pas traitée. C'est efficace, mais, évidemment, pour notre santé, c'est un produit chimique de plus, ce dont les consommateurs ne veulent vraiment plus. Pour le producteur de fraises, ce qui devient inquiétant c'est que la pourriture de fraises a appris à résister aux produits chimiques. Ils marchent donc de moins en moins en bien, ce qui donne un double problème : l'un de santé et l'autre économique, pour le producteur.

La solution biologique existe pourtant bien, et ce sont des chercheurs tunisiens qui l'ont trouvé.

Ils travaillent à la faculté des sciences de Tunis et son soutenu par l'Institut de recherche pour le développement, un organisme français. Cette arme anti-champignons est une bactérie naturelle que l'on trouve dans le sol, en l'occurrence dans un sol très salé, comme il y en a en Tunisie. Les chercheurs ont réussi à fabriquer un produit pratique, biologique, efficace. Ils l'ont testé pendant trois ans et les résultats sont très prometteurs car la pourriture grise a souvent été réduite de 50%, voir a totalement disparu. Aucun problème de santé, ni pour la plante, ni pour l'homme qui va manger la fraise. On a donc peut-être résolu le problème de stockage de ces fraises qui se contaminaient gaiement entre elles une fois qu'elles étaient dans la barquette. La preuve, encore une fois, que les produits naturels restent souvent bien plus efficaces que les produits chimiques. Reste juste à homologuer le procédé avant de le commercialiser.