La chronique développement durable de Brigitte Béjean

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La chronique développement durable de Brigitte Béjean
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Brigitte Béjean commente l'avis rendu par les experts européens sur la non-dangerosité du maïs OGM. Dans Europe 1 matin avec Marc-Olivier Fogiel.

L’autorité européenne de la sécurité alimentaire, l’EFSA, a dit hier que le maïs OGM MON810 est bel et bien sans risque pour la santé et l’environnement. On n’y comprend plus rien. Qui dit quoi et qui décide quoi ?

Ce sont les politiques qui décident évidemment et certainement pas les experts. Ce maïs, le seul cultivé en Europe est autorisé par bruxelles depuis un peu plus de 10 ans. Mais plusieurs pays dont la France ont dit qu’ils n’en voulaient pas et l’ont interdit.

Vous avez raison, ça n’empêche pas les experts sanitaires de continuer envers et contre tout à dire qu’il n’y a pas de danger. Mais vous savez, la réalité c’est qu’il y a aujourd’hui une vraie crise de l’expertise. C’est un peu pareil en France avec l’AFSSA, la sécurité sanitaire des aliments. Parfois elle émet des avis rassurants, mais qui ne rassurent plus grand monde, loin de là ! C’est vrai pour d’autres organismes d’expertises. Certains experts seraient trop proches des milieux industriels. Certaines études, celles qui créent, qui permettent le doute, seraient un peu trop souvent oubliées.

Alors comment peut-on avancer ? Comment se faire une idée précise ?

Et bien, il faut entendre non seulement les scientifiques, mais aussi l’ensemble de la société : les économistes, les sociologues. Sur les OGM par exemple, on se dispute depuis des années sur les risques. Mais la vraie question est peut-être celle-ci : est-ce qu’on en a vraiment besoin, des OGM ? Qu'en dit la société, en dehors de l'expertise scientifique ? C’est dans ce sens là que travaillera désormais en France le Haut Conseil des Biotechnologies qui vient d’être créé. C’est comme ça que la France demande aux 26 autres Européens de travailler également, et c’est là que se situe le vrai enjeu.

En tout cas, l’Europe doit dire rapidement à Monsanto si elle lui renouvelle son autorisation pour le maïs MON810.