La chronique développement durable de Brigitte Béjean

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La chronique développement durable de Brigitte Béjean
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Brigitte Béjean consacre sa chronique développement durable à la réunion annuelle de la Commission Baleinière Internationale. Dans Europe 1 Matin avec Marc-Olivier Fogiel.

Les 85 pays membres de la Commission Baleinière Internationale tiennent toute la semaine leur réunion annuelle sur l'ile de Madère. Mais franchement, les positions des pro et des anti-chasse à la baleine sont très éloignées, et on pourrait même avoir des surprises cette semaine.

Oui, vous savez que trois pays de cette commission chassent la baleine, malgré le moratoire en vigueur depuis 1986. D'abord le Japon, qui chasse dans l'océan Antarctique, sous couvert de chasse scientifique, un millier de baleines par an. Et puis deux autres, plus près de nous : la Norvège et l'Islande, mais cette fois sous couvert de pêche de subsistance traditionnelle. L'Islande a d'ailleurs augmenté ses quotas cette année. Notamment, des grosses baleines. Les pêcheurs avaient eu droit à 9 grosses baleines l'an dernier, cette année ce sera 150 ! La saison vient de commencer, et les deux premières prises, deux grands rorquals, ont été ramenés au port et dépecés, il y a tout juste trois jours. Le comble, c'est qu'on n'est plus du tout dans la pêche traditionnelle, puisque l'Islande, comme la Norvège, exportent maintenant leur viande, vers le Japon, où les baleiniers espèrent bien habituer l'ensemble de la population à manger de la viande de baleine.

Bref, le moratoire n'a pas tellement de sens, puisqu'il suffit de ne pas le reconnaître pour ne pas l'appliquer, et certains se demandent ouvertement si la commission baleinière internationale sert encore à quelque chose.

Et la surprise, à cette réunion, pourrait venir du Danemark ?

Oui, on oublie souvent de dire qu'on chasse aussi un peu la baleine et des petits cétacés - chasse traditionnelle - en Sibérie, en Alaska, et au Groenland, territoire danois. Eh bien on s'attend à ce que les Danois demandent cette semaine à la Commission baleinière internationale un quota de 50 baleines à bosses, ces grosses baleines qui chantent pendant la saison des amours. Alors qu'on ne la chasse plus, dans les eaux européennes, depuis des dizaines d'années.

L'info en plus : selon une association de défense des baleines, le Danemark n'utilise pourtant même pas en totalité ses quotas actuels.