La chronique développement durable de Brigitte Béjean

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La chronique développement durable de Brigitte Béjean
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Fin de la série consacrée aux enjeux verts de l'Europe. Brigitte Béjean consacre sa chronique développement durable à l'étiquetage des aliments.

Voilà un texte que l'Europe a déjà voté,mais qu'on a du mal à faire entrer en application. Le texte sur les allégations nutritionnelles. L'Europe ne veut plus que les industriels prétendent, sans contrôle, que leurs produits peuvent être bons pour la santé.

Oui, l'Europe s'inquiète des produits trop gras, trop salés et trop sucrés. Elle ne veut plus que les industriels qui fabriquent des aliments parfois bien peu équilibrés, puissent prétendre, sur l'emballage, que le produit est bon pour la santé. Exemple : des céréales pour enfants qui font des os solides alors que le calcium est dans le lait et que les céréales sont, elles, trop grasses et trop sucrées. Ou alors un produit plein de graisses qui se prétend pauvre en sel ou, chez un de nos voisins, le chocolat qui rajeunit.
Tout ça, ce sera bientôt fini. Le texte a été voté il y a deux ans. Plus d'allégations nutritionnelles non prouvées, et surtout plus d'allégation nutritionnelle s'il y a trop de gras, ou trop de sel, ou trop de sucre.

Oui, mais trop, c'est combien ? On a défini des seuils ?

Eh bien non, pas encore. Voilà deux ans qu'on en discute. C'est la Commission européenne qui s'en occupe et vous pensez bien que les lobby agro-alimentaires sont très actifs depuis deux ans. On est donc en train de dresser les listes de produits qui échapperont à la règle sous les prétextes les plus divers. Eh bien le Parlement, certains eurodéputés, s'érigent en garde-fou comme cette députée qui a vivement interpellé la commission, en avril dernier, en lui demandant carrément s'il est encore possible de réaliser l'objectif initial, avec toutes les exceptions qui se préparent.

L'info en plus : les seuils pour le gras, le sel et le sucre doivent être votés en octobre.