La chronique développement durable de Brigitte Béjean

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La chronique développement durable de Brigitte Béjean
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Quel est le prix de la biodiversité ? Combien nous rapporte la nature ? Des réponses dans la chronique développement durable de Brigitte Béjean dans Europe 1 matin avec Marc-Olivier Fogiel.

Un rapport du Centre d'Analyse Stratégique, remis il y a quelques jours au gouvernement, s'est penché très sérieusement sur le prix de la nature. Comment accorder une valeur de référence à la biodiversité, que nous ne savons toujours pas protéger ?

Je vous cite un seul chiffre : l'érosion de la biodiversité nous coûte, sur la planète entière, 14.000 milliards d'euros par an. C'est vertigineux, c'est le premier chiffre sorti d'une vaste étude internationale en cours. Mais c'est vrai : combien valent donc les services que la nature nous rend ? Elle nous permet de vivre, d'avoir de l'eau propre, des terres fertiles, de l'air pur... Et on ne parle pas, là, de la biodiversité extraordinaire, des gros animaux en danger, ou des sites remarquables. On parle la nature ordinaire, riche de son sol, de ses forêts, de ses prairies, de ses insectes, de ses micro-organismes.;. Franchement, je sais bien que, au quotidien, j'ai plus besoin des vers de terre que des baleines !

Et cette nature que nous ne pouvons pas nous empêcher d'agresser, tout simplement parce que nous nous développons, il est temps maintenant de lui donner un prix, une valeur de référence pour savoir ce que ça nous coûte de la maltraiter. Combien ça nous coûte en perte de nature de construire une usine à la place d'une prairie. Et il faudra en tenir compte, dorénavant, avant chaque projet d'investissement nuisant à la nature, comme le promettait d'ailleurs Nicolas Sarkozy, au moment du Grenelle. C'est une réflexion gigantesque qui commence.

Est-ce que ça peut être comme donner un prix à une tonne de CO2 ?

Non, ce sera plus compliqué, parce que ça ne se compense pas. Une prairie perdue chez nous ne sera pas compensée par un panda sauvé en Chine. Et l'écueil à éviter, ce serait de faire de la nature une marchandise. Le but, c'est tout le contraire. Cesser de lui faire du mal en comprenant combien cela nous touche au portefeuille.

L'info en plus : L'étude internationale sur le prix de la biodiversité sera rendue l'année prochaine.