L'édito politique de Claude Askolovitch

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L'édito politique de Claude Askolovitch
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L'union de l'extrême gauche est-elle en marche ?

L’édito politique d’Europe 1, bonjour Claude Askolovitch. Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot se sont vus hier, ils veulent faire des listes ensemble aux régionales l’année prochaine. C’est donc l’union de l’extrême gauche qui est en marche, Claude ?

On va dire que l’union est un combat et que ce combat sera long camarade. Et que c’est un peu ridicule. Tous ces gens qui discutent, Mélenchon ou Besancenot, sont d’accord à 90%, et notamment pour dire que la situation est terrible, qu’il faut se battre contre la crise, contre le libéralisme et contre Sarkozy. Il faut se battre tous ensemble et tout de suite.

Donc l’union de l’extrême gauche, elle aurait dû exister depuis longtemps. Mais il y a les 10% qui restent, c’est l’identité ou la petite boutique que vous construisez pour vous même. Et c’est plus important.

Si vous avez du temps, allez sur internet, sur le site du NPA ou celui de Mélenchon, et lisez le texte commun qui a été écrit hier après une rencontre très officielle entre deux délégations. Là, vous comprendrez tout. Vous avez un communiqué à la fois révolutionnaire et notarial où tous les points de désaccords sont soulignés. Pour chaque terme, on donne un logiciel de traduction. Par exemple, on apprend que Mélenchon dit “l’autre gauche”, mais que Besancenot préfère dire “les forces anticapitalistes”. Enfin, quand on démêle, on voit bien qu'il pourrait y avoir des listes de toute l'extrême gauche. Et ces listes pourraient même fusionner avec des listes socialistes contre la droite. Mais on comprend aussi que Besancenot et Mélenchon ont discuté sans madame Buffet, et il va falloir rechercher les communistes qui ont aussi des intérêts à défendre.

Mais même si c'est compliqué, il se passe quelque chose.

C'est la reconnaissance d'un rapport de force. Avant les européennes, Besancenot était tellement fort dans les sondages que ses amis se sont vus très beaux, ils ont refusé de faire un bout de chemin électoral avec Mélenchon et les communistes qui eux ont construit un front de gauche. Et ils ont battu les amis de Besancenot.

Donc Besancenot est moins magnifique et il change de tactique. Mais il veut toujours construire SON nouveau parti anticapitaliste en profitant de l’union. Quant à Mélenchon, il s’imagine parfois en candidat de toutes les gauches dures à la présidentielle de toutes les forces de l’extrême gauche rassemblées. On parle du peuple qui souffre, on en parle même sincèrement, mais chacun pense aussi à son destin.

En attendant, le PS doit se réjouir de cette union sur sa gauche, qui lui apporterait des voix dans des seconds tours.

Pour l’instant, Mélenchon et Besancenot, ce sont des concurrents, des socialistes, et ils ne veulent pas les sauver, ils veulent les surveiller ! Il n’y aura pas de désistement or l’alliance avec le Modem est déjà une réalité et presque une obligation pour énormément de socialistes. Vous avez Vincent Peillon qui essaie d’inviter et Cohn-Bendit et Marielle de Sarnez à l’université de son courant.

Aujourd'hui le PS crie "unité, unité, union de la gauche" ou maison commune ou vive les primaires de toute la gauche. Mais en réalité, tout le monde s’organise pour contourner les socialistes.