L'édito politique de Catherine Nay

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L'édito politique de Catherine Nay
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Le déjeuner de la polémique.

Depuis le mois d'octobre, 12 sénateurs et 12 députés, de droite et de gauche se réunissent à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Il y a les présidents des deux assemblées, les présidents des commissions de finances, les rapporteurs de budget etc. Ensemble, ils ont élaboré une première note avant la rencontre Bush-Sarkozy à Washington (en novembre), puis une deuxième avant le G20 de Londres où ils ont planché entre autres les paradis fiscaux et mercredi dernier, ils étaient invités à déjeuner pour la troisième fois. Nicolas Sarkozy voulait les remercier et il leur a demandé de suivre les prolongements du G20 au plan Européen et de l'aider à préparer la prochaine réunion qui aura lieu en septembre.
Politiquement, ce qui est intéressant, c'est que loin des caméras et des micros, cet aréopage improbable s'entend et travaille bien.

Mais ce jugement sur Zapatero, "Libération" ne l'a pas inventé tout de même ?

Non, mais il faut voir le contexte ! Lors de ces déjeuners, se mêlent des moments légers où on s'envoie des piques et vous connaissez le président, toujours libre de paroles. Henri Emmanuelli avait critiqué la façon dont s'était faite la nomination de François Pérol à la tête des banques populaire et de l'écureuil, ce à quoi, Nicolas Sarkozy a répondu : "Mais toi, tu as bien travaillé à la banque Rothschild !".
Cette fois, c'était : "Tu as vu ? Zapatero a supprimé la publicité sur la télé publique comme moi !" "Mais est-il vraiment de gauche ?" a rétorqué Emmanuelli. Réponse du président : "Il n'est peut-être pas intelligent (sous-entendu :"pas aussi intelligent que toi, puisqu'il fait comme moi") mais lui, il a été réélu." Et de continuer sa boutade en enchaînant sur l'échec de Lionel Jospin au second tour des présidentielles.
C'était bien sûr de l'ironie, ce qui est toujours difficile à manier. Sarkozy, on le sait, est une personnalité très autocentrée, qui parle beaucoup de lui mais on ne le changera pas !

Du coup, Ségolène Royal -pour la deuxième fois- demande pardon à sa place.

Ca en devient une spécialité ! C'est Notre-Dame du Grand Pardon, "Pardonnez-nous nos offenses comme je ne pardonne pas à celui qui ne m'a pas offensé". Mais quand à Dakar elle bat sa coulpe pour une phrase ("L'africain n'est pas encore assez entré dans l'Histoire", qu'elle a d'ailleurs tronqué en "L'africain n'est pas encore entré dans l'Histoire"), cette fois, sans même s'être assuré de la véracité du propos, elle a voulu enfoncer un coin dans le couple franco-espagnol alors que les deux hommes s'entendent très bien.
Elle a manqué de jugeotte. Quant à l'ego surdimensionné, elle non plus ne craint rien ! "Je m'exprime au nom de l'Humanité ! Il redoute mon épaisseur intellectuelle et politique, ma force et ma présence sur la scène internationale." clame-t-elle dans Le point. Edifiant.