L'édito de Catherine Nay

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L'édito de Catherine Nay
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Bon on revient ce matin sur l'affaire dite de la Burqa. Le maire communiste de Vénissieux, André Gérin, demande la création d'une commission d'enquête. 65 députés ont signé la résolution dont une majorité d'UMP. Ils voudraient mettre fin à cette dérive inquiétante.

CN : On pensait les choses réglées, apaisées, depuis le vote de la loi sur le voile. Il n'en est rien ; le maire de Vénissieux est très inquiet. Il voit de plus en plus dans les rues de sa ville des femmes enfermées, dans ce qu'il appelle des prisons ambulantes de tissu. Mais c'est surtout leur refus de la loi qui le préoccupe. Elles refusent de montrer leur visage pour les photos d'identité indispensables pour les papiers d'état civil : souvent parce que leur mari s'y oppose. C'est un défi de civilisation, plaide-t-il.

CC : C'est un fait que l'on croise assez souvent aujourd'hui ces femmes en noir, de la tête aux pieds dont on aperçoit à peine le regard.

CN : Et ces fantômes noirs qui déambulent sur les marchés, au milieu de la foule, créent un malaise. C'est une forme de violence qu'une femme rejette ostensiblement le monde extérieur est perçu comme une forme d’hostilité, qui, en retour, provoque une réaction identique. Le fondamentalisme religieux fait peur. Il paraît que certaines femmes portent la burqa ou le niqab comme on brandit un drapeau, pour affirmer leur identité, pour défendre leur religion ; elles croient l'islam diabolisé alors que ces pratiques vestimentaires islamiques sont des coutumes qui n'ont rien de religieux, mais imposées par les hommes comme instrument de domination voire de fantasme sexuel. Il peut sembler paradoxal qu'une femme choisisse délibérément de revêtir ce symbole d'asservissement et d'oppression.

CC : C'est une vrai question de société alors faut-il une loi ? Au gouvernement, c'est la cacophonie. Fadela Amara secrétaire d'état à la ville dit "oui". Eric Besson, le ministre de l'immigration estime qu'elle serait inefficace et créerait des tensions qui n'ont pas lieu d'être en ce moment.

CN : Oui mais c'est une réponse d'opportunité qui ne tranche rien sur le fond. Avant de décider quoi que ce soit, il faut mener une enquête objective pour mesurer l'ampleur du phénomène. Est-il seulement marginal ? Le port de la Burqa et du Niqab est-il plus souvent subi que choisi . Cela peut-il porter atteinte à l'intégrité physique - on sait qu'en Afghanistan les femmes qui sont obligées d'être toujours revêtues de la Burqa ont de graves problèmes de vision, cutanés également - à l'intégrité psychologique également des médecins ou des psychiatres, des sociologues devraient le dire. C'est un travail qu'il faut mener avant d'élaborer une doctrine.

CC : Fadela Amara voudrait que Nicolas Sarkozy s'exprime sur le sujet.

CN : Quand le président Obama, devant l'université du Caire, a critiqué la loi sur le voile française, tout Obama qu'il est, on s'est dit comment le président d'un état théocratique et communautaire peut-il comprendre et s'ingérer dans les affaires intérieures d'un état républicain et laïc en clair, de quoi il se mêle. Dans leur conférence commune en Normandie, Nicolas Sarkozy a répondu un peu trop brièvement qu'ils étaient au fond d'accord, on a envie de l'entendre sur le sujet...