Le "rêve" pragmatique de Hollande

  • A
  • A
Le "rêve" pragmatique de Hollande
@ MaxPPP
Partagez sur :

A travers 60 propositions, le candidat PS promet de faire de la jeunesse sa priorité pour "redonner espoir" aux nouvelles générations.

EDUCATION : UN THEME PRIORITAIRE

Hollande veut accorder plus de moyens à l'Education et fait de ce secteur l'une des clés de voûte de son projet.

Création de 60.000 postes. François Hollande veut créer 12.000 postes par an pendant cinq ans dans ce secteur. Une mesure qui a fait polémique, y compris dans son camp, mais qu'il maintient. Reste à savoir comment il compte financer ces créations de postes… qui n'en seront pas. Il s'agirait de redéploiement dans la fonction publique, sans toutefois préciser quel secteur serait concerné.

Hausse de l'allocation scolaire. Le député de la Corrèze assure vouloiraugmenter de 25 % "l'allocation de rentrée scolaire" dès septembre. Et promet d'offrir à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation, d'apprentissage ou un service civique.

Crèches. En revanche, il ne parle plus des 500.000 places en crèche promises en novembre 2011 : le grand service de la petite enfance semble avoir fait les frais de la rigueur affichée du projet. Interrogé sur le sujet, il a assuré ne pas vouloir faire de promesses qu'il n'est pas certain de tenir.

Abrogation de la circulaire sur les étudiants étrangers. Très critiqué lorsqu'il a été annoncé par Claude Guéant, ce texte limite la possibilité pour les diplômés étrangers de restertravailler en France. François Hollande y mettra fin.

  

EMPLOI : AMBITION ET REALISME

Pour lutter contre le chômage, Hollande veut faciliter les conditions d'embauche des jeunes.

Emplois d'avenir. Le Parti socialiste ambitionnait d'en créer 300.000. François Hollande, soucieux de crédibiliser son programme en ne passant par pour un dépensier, n'en promet plus que 150.000 et indique qu'ils seront prioritairement créés "dans les quartiers populaires".

500.000 contrats de génération. C'est probablement SA mesure phare. Ce dispositif permettrait l'embauche par les entreprises, en CDI, de jeunes, accompagnés par un salarié plus expérimenté qui sera ainsi maintenu dans l'emploi jusqu'à son départ à la retraite.

La fin des heures supp' défiscalisées. C'était une des mesures phares du président Nicolas Sarkozy. Mis en place dans le cadre de la loi Tepa qui visait à répondre au slogan "travailler plus pour gagner plus", le dispositif ne survivra pas à une victoire socialiste… sauf pour les TPE.

  

ENERGIE : REDUIRE LE NUCLEAIRE

Opposé à une sortie du nucléaire, le candidat s'accommode de l'accord passé entre socialistes et écologistes.

Réduction du nucléaire. Le candidat socialiste assure qu'il engagera la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % "à l'horizon 2025".

La fin de Fessenheim. Il a également confirmé la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne centrale française en exploitation.

L'EPR de Flamanville. Ce fut pendant longtemps un point d'achoppement dans les négociations avec Europe Ecologie – Les Verts. Un accord a finalement été conclu en vu des élections législatives. Mais François Hollande n'a pas transigé sur ce point avec ses partenaires écologistes en confirmant que l'EPR de Flamanville (Manche) serait achevé "à la condition bien sûr que toutes les règles de sécurité soient respectées."

EUROPE : RENEGOCIER AVEC L'ALLEMAGNE

Le candidat veut rencontrer rapidement Angela Merkel pour revoir les termes du traité européen.

Un nouveau traité. S'il est élu, François Hollande ira très vite à Berlin rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel, pour lui proposer un "nouveau traité franco-allemand", son but étant l'adoption d'"un pacte européen de responsabilité, de gouvernance et de croissance" pour sortir de la crise. Et pour parvenir à ses fins, le rôle de la Banque centrale sera réorienté "dans cette direction", écrit-il dans son programme.

Eurobonds. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel s'y refusent. Pas François Hollande, qui lancera ces obligations européennes permettant de mutualiser les dettes des pays de la zone euro.

Renforcement de la BCE. Il veut étendre les prérogatives de la Banque centrale européenne afin que celle-ci puisse soutenir plus énergiquement les Etats en difficulté.

Agence de notation européenne. C'était prévu dans le programme adopté par le Parti socialiste, et François Hollande l'a conservé. Afin de réduire l'influence des grandes agences de notation, le candidat socialiste plaidera pour que l'Union européenne ait son propre établissement public.

IMPOTS : UNE VASTE REFORME FISCALE

S'il est élu président, François Hollande lancera dans la foulée une vaste réforme fiscale.

La Fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu. La fusion de l'impôt sur le revenu et de cotisation sociale généralisée (CSG),  grand chantier de la réforme fiscale promise par François Hollande, permet notamment de financer la sécurité sociale. Mais l'équipe du candidat avait longtemps hésité entre un rapprochement et une fusion.  A l'origine de ces hésitations, le caractère très complexe de cette fusion qui pourrait prendre beaucoup de temps à mettre en place.

Deux nouvelles tranches d'impôt supplémentaires. Initialement, François Hollande prévoyait de créer une tranche d'impôt supplémentaire de 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros par part. Il a aussi annoncé le 27 février 2012 une autre nouvelle tranche, pour les revenus "au-dessus d'un million d'euros par an, donc à peu près 100.00 euros par mois" avec un taux d'imposition de 75%. Des mesures qui lui valent d'être accusé par la droite de vouloir augmenter les impôts. "Donc le grand débat de l'élection présidentielle, c'est pas de savoir s'il y aura plus d'impôts ou pas, c'est de savoir qui va payer les impôts, qui va assurer ces augmentations de prélèvements." Et j'ai dit : ce seront les revenus élevés, les patrimoines importants et les grandes entreprises, en tout cas pas une très grande majorité de nos concitoyens", se défend ainsi François Hollande.

Réformer le quotient familial. A la base, il était question de supprimer le quotient familial, qui consiste à diviser le revenu imposable des ménages par un nombre de part. Finalement, attaqué par la droite de vouloir détruire la politique familiale, le candidat socialiste a décidé de le moduler. Le plafond du quotient familial sera baissé pour les ménages les plus aisés "ce qui concernera moins de 5% des foyers fiscaux"., précise-t-il dans son programme.

Les modalités de l'ISF modifiées. François Hollande veut revenir sur les allégements relatifs à l'impôt sur la fortune. "L'abattement sur les successions sera ramené à 100.000 euros par enfant et l'exonération en faveur des conjoints survivants sera conservée", peut-on lire dans son livre projet.

INSTITUTIONS : EXEMPLARITE ET OUVERTURE

Le candidat "normal" veut incarner une République au-dessus de tout soupçon.

La laïcité gravée dans le marbre. L'article 1er de la loi de 1905 sur la laïcité disposera d'un deuxième alinéa : "La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et respecte la séparation des Églises et de l’État, conformément au titre premier de la loi de 1905, sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle."

Le statut pénal du chef de l'Etat réformé. Les anciens présidents de la République ne siègeront plus au Conseil constitutionnel. D'autre part, la rémunération du locataire de l'Elysée sera réduite de 30%.

Un Parlement renforcé. Le Parlement se verra accordé davantage de pouvoirs d'initiative et de contrôle.

Non-cumul des mandats. Alors qu'il y était plutôt hostile, François Hollande s'est finalement prononcé pour la fin du cumul des mandats. 

Droit de vote des étrangers aux élections locales. Alors que la mesure cristallise toute les tensions entre la droite et la gauche, François Hollande veut accorder le droit de vote aux étrangers résidant en France depuis cinq ans pour les élections locales, comme c'est déjà le cas pour les étrangers de l'Union européenne.

Lutter contre la corruption des élus. Sur ce point, la position de François Hollande est sans appel. Tout élu condamné pour des faits de corruption sera inéligible pendant dix ans.

L'indépendance de la justice. François Hollande veut revoir les règles de nomination et de déroulement de carrière. Il entend aussi réformer le Conseil supérieur de la magistrature. "J'interdirai les interventions du gouvernement dans les dossiers individuels", prévient aussi le candidat dans son programme.

La "démocratie sociale" inscrite dans la Constitution. "Tout texte de loi concernant les partenaires sociaux devra être précédé d'une concertation avec eux", peut-on lire dans le programme du candidat. François Hollande souhaite ainsi que la Constitution reconnaisse ce qu'il qualifie de "forme de démocratie sociale".

Plus de décentralisation.  François Hollande veut abroger le conseiller territorial et clarifier les compétences des élus locaux. Une mesure qui passera par le renforcement de la démocratie et des libertés locales. La fiscalité locale sera aussi revue pour rendre les communes, départements et régions plus autonomes. 

LOGEMENT : ENCADRER LA BULLE IMMOBILIERE

François Hollande veut faciliter l'accès au logement pour les personnes en difficultés.

L'encadrement des loyers. Il s'agit là de mettre des limites à la spéculation immobilière. François Hollande veut donc encadrer les loyers "dans les zones où les prix sont excessifs". Et pour faciliter l'accès au logement, le candidat veut mettre en place un dispositif de caution solidaire pour les jeunes.

2,5 millions de logements supplémentaires. Quelque 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, seront créés, "soit 300.00 de plus que lors du quinquennat précédent", précise François Hollande. La moitié d'entre eux seront des logements très sociaux en raison du doublement du plafond du livret A.

La loi SRU renforcée. Toutes les communes qui ne respectent pas la loi SRU (20% de logements sociaux) verront leur sanction multipliées par 5. Et François Hollande veut faire passer cette exigence de 20 à 25%.

Les terrains publics à disposition. Les terrains de l'Etat seront mis gratuitement à dispositions des collectivités locales, pour "construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans".

 

SECURITE : RENFORCER LA POLICE

Le candidat relance l'idée d'une police de proximité en renforçant les effectifs.

Rétablir la police de proximité.  Mise en place par Lionel Jospin en 1998 et supprimée par Nicolas Sarkozy en 2003, l'idée est désormais reprise par François Hollande. Ainsi, le candidat socialiste s'est engagé à créer 5.000 postes de policiers, et non 10.000 comme le prévoyait le projet du PS. Le candidat compte aussi définir des zones de sécurité prioritaire.

Plus de centres éducatifs fermés.  Le nombre de centres éducatifs fermés pour les mineurs verra son nombre doubler de 44 à 80.