Le référendum au cœur du programme Sarkozy

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Le référendum au cœur du programme Sarkozy
Les premières pistes du programme du candidat Nicolas Sarkozy@ REUTERS
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"Travail", "responsabilité" et "autorité" : voici les principaux axes du projet de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy a dessiné les contours de son programme, articulé autour des "valeurs" de "travail", de "responsabilité" et d'"autorité" et dont certaines mesures pourraient être soumises à référendum. Voici ce que l'on sait déjà de son projet pour 2012 :

EDUCATION : REDEFINIR LA  MISSION DES PROFS

"Revaloriser fortement la profession d'enseignant" - Pour "augmenter fortement la présence des adultes dans l'école", Nicolas Sarkozy veut "revaloriser fortement la profession d'enseignant, améliorer leur formation et réfléchir à leurs missions et conditions de travail". Un recours au référendum sur cette question est écarté. La mesure phare pour atteindre, cet objectif est d’augmenter de 25% le salaire des professeurs en échange de 26 heures de présence dans l’établissement contre 18 actuellement.

Le primaire privilégié - Nicolas Sarkozy promet également la fin du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans le primaire et en maternelle. Le président-candidat veut par ailleurs mettre en place l’autonomie des établissements, qui disposeraient notamment d'une liberté de recrutement.

EMPLOI : UN REFERENDUM SUR LE CHÔMAGE 

Référendum sur le chômage -  Avec un taux de chômage proche de 10% et un "système d'indemnisation qui fonctionne mal", Nicolas Sarkozy envisage d'organiser un référendum, si les partenaires sociaux ne parviennent pas à s'entendre, sur la formation des demandeurs d'emploi et l'obligation pour les chômeurs d'"accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel ils auront été nouvellement formés".

La fin des 35 heures - Les 35 heures pourraient être vidées de leur substance avec des négociations "compétitivité emploi" au sein des entreprises.

EUROPE : AUTOUR DE L'AXE FRANCO-ALLEMAND

La règle d'or budgétaire -  S'il est réélu, Nicolas Sarkozy veut faire adopter une "règle d'or" budgétaire qui fixe dans la Constitution une trajectoire de réduction de la dette publique. Avec un Sénat passé à gauche, le chef de l'Etat ne pourra sans doute pas réformer la Constitution en convoquant le Parlement en Congrès et devra passer par un référendum. Nicolas Sarkozy avait défendu "cette règle d'or" au niveau européen avec Angela Merkel. 

Revoir les accords de Schengen - A Villepinte, Nicolas Sarkozy a dit son intention de réviser les accords de Schengen pour mettre en place un "gouvernement politique" de Schengen, d'une convergence des droits d'asile et des étrangers "dans les douze mois qui viennent".

Création d'un " Buy European Act" - Le candidat-président exigera également s’il est réélu que "l'Europe se dote d'un ‘Buy European Act’ sur le modèle du ‘Buy American Act’ pour que les entreprises qui produiront en Europe bénéficieront de l'argent public européen". Dans le premier cas, il menace de suspendre sa participation aux accords, dans le second de mettre en place la mesure unilatéralement en France.

INSTITUTIONS : PLACE AU REFERENDUM

Des instruments de démocratie directe - "L'idée centrale de mon prochain quinquennat sera de redonner la parole au peuple français", a affirmé Nicolas Sarkozy. "J'ai pu mesurer pendant cinq ans à quel point les corps intermédiaires font écran entre le peuple et le gouvernement : les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts, les commentateurs, tout le monde veut parler à la place du peuple sans jamais se soucier de ce que le peuple veut, de ce qu'il pense et de ce qu'il décide, comme si le peuple n'était pas assez intelligent, pas assez raisonnable", a-t-il lancé assurant vouloir proposer des référendums à chaque grand problème de société.

Un brin de proportionnelle - Le président sortant s'est prononcé pour l'introduction d'une dose limitée de proportionnelle aux élections législatives. Selon Le Parisien, Nicolas Sarkozy souhaite instaurer, exactement, 10% de proportionnelle afin de permettre à tous les courants de s'exprimer. Avec cette proposition, le président-candidat prend le contre-pied de son parti, l'UMP, dont le secrétaire général Jean-François Copé est hostile à toute évolution du genre.

Moins de parlementaires - "Il faudra engager sans tarder avec toutes les formations politiques un dialogue pour arriver à réduire le nombre de nos parlementaires de façon consensuelle et républicaine", a assuré Nicolas Sarkozy lors de son premier grand meeting de campagne, le 19 février à Marseille.

Pas de mariage homosexuel - Nicolas Sarkozy est hostile au mariage homosexuel pour "ne pas brouiller cette institution sociale essentielle qu'est le mariage", ainsi qu'à l'adoption par des couples de même sexe. Sur la fin de vie et l'euthanasie, il est également opposé à une nouvelle législation.

IMPÔTS : UNE TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIERES

Taxer les transactions financières -  Le président sortant promet une taxe sur les transactions financières de "0,1%", applicable "au mois d'août".

Une TVA "anti-délocalisation"  - L'Assemblée nationale a déjà entamé l'examen d'une réforme de la protection sociale combinant baisse des charges patronales et hausse d'1,6 point du taux de TVA afin d'alléger le coût du travail et améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Cette réforme est censée entrer en vigueur le 1er octobre si Nicolas Sarkozy est réélu. Son adversaire socialiste, François Hollande, reviendra dessus en cas d'alternance.

Un impôt franco-allemand - Multipliant les références au "modèle allemand", Nicolas Sarkozy veut mettre en place avec Berlin un impôt commun sur les sociétés afin de "créer une zone de stabilité en Europe".

LOGEMENT : AUGMENTER DE 30% LES CONSTRUCTIONS

Agrandir les constructions - Nicolas Sarkozy souhaite que "tout terrain, toute maison, tout immeuble voit ses possibilités de construction augmenter de 30%". Cette mesure - qui ne concernera vraisemblablement que les permis de construire - doit permettre de créer des espaces habitables supplémentaires. Selon le président, une telle réforme fera baisser "les prix de l'immobilier à l'achat, à la vente, et les prix à la location. "Cela aura également l'avantage suivant : donner un travail formidable à l'industrie du logement. Car, ce ne sont pas des emplois délocalisables", a précisé le chef de l'Etat.

SECURITE : RENFORCER L'EXECUTION DES PEINES 

Revoir les libérations conditionnelles - En matière de justice, c’est la fermeté qui guide les promesses du président-candidat. Nicolas Sarkozy souhaite ainsi limiter les libérations conditionnelles au dernier tiers de la peine, ou encore abaisser le seuil des peines de prison pouvant être aménagées de deux ans à un an.

Création d'un droit d'appel des victimes - Nicolas Sarkozy propose par ailleurs l’instauration du droit d'appel des victimes en cours d'assises et en matière de détention provisoire et d'exécution des peines.