Cheminade, l'homme qui avait prédit la crise

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Cheminade, l'homme qui avait prédit la crise
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Candidat à la présidentielle en 1995, Jacques Cheminade annonçait alors une crise financière et monétaire 10 à 12 ans plus tard.

Après un début de carrière en tant que fonctionnaire à la Direction des relations économiques extérieures, Jacques Cheminade s'est lancé en politique à la fin des années 70. Le monde parfait, pour lui, serait avec un système financier complètement refondu. Il dénonce "l'oligarchie financière" et considère que de nouveaux accords de Bretton Woods sont nécessaires. En 1981, il avait appelé à voter pour Valéry Giscard d'Estaing, en 2007, pour la socialiste Ségolène Royal. Jacques Cheminade a aussi fait parler de lui par ses mésaventures judiciaires.

SES DEBUTS

Jacques Cheminade est pour la première fois candidat à une élection en 1978. Aux législatives, dans la 25e circonscription de Paris, il obtient 0,12 % des voix. En 1981, il ne parvient pas à réunir les 500 signatures pour concourir à la présidentielle. 

SON MENTOR 

Lyndon LaRouche, un économiste américain qui a la particularité de ne posséder aucun diplôme d’économie. Ce dernier est partisan d’une réorganisation complète du système financier international. Lyndon LaRouche, parfois controversé pour des positions jugées extrêmes voire extrémistes et un goût pour la théorie du complot, s'est porté sept fois candidat à l’investiture du parti démocrate, sans succès. Sa femme, Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente de l'Institut Schiller voué à faire connaître la pensée de son mari en Allemagne, a été candidate à la chancellerie allemande. Jacques Cheminade a importé en France les idées de son mentor à travers différents partis et associations (Parti ouvrier européen, Solidarité et progrès, Coalition anti-drogue, Fondation pour l'énergie de fusion).    





SON HEURE DE GLOIRE

 Jacques Cheminade réussira finalement à être candidat à la présidentielle en 1995. Il recueillera 0,27%, soit 84.969 voix. Il avoue alors que cette campagne est surtout pour lui le meilleur moyen de faire connaître ses idées.



SON PIRE MOMENT

La saisie de ses biens dans son appartement parisien, en août 1996. L’Etat cherche alors à récupérer le million de francs qui lui est dû après que le Conseil constitutionnel a rejeté ses comptes de campagne pour l’élection de 1995. Face à la décision du Conseil constitutionnel, Jacques Cheminade saisit la Cour européenne des droits de l'homme, mais son pourvoi est rejeté à l'unanimité.

SON GIMMICK

Jacques Cheminade ne rate jamais une occasion de rappeler qu'il avait prédit la catastrophe économique actuelle. En 1995, il dénonçait "un cancer spéculatif qui prolifère dans le monde et y détruit le corps de l’économie".





SON CHEVAL DE BATAILLE

 Comme le dit son slogan pour la campagne présidentielle de 2012, Jacques Cheminade veut un monde sans Wall Street et sans la City. Il dénonce "l’oligarchie financière" des deux premiers mais aussi de "la Réserve fédérale américaine et du Fonds monétaire international", ainsi que "leurs relais en France, dont la Direction du Trésor [et] la Banque de France". Comme mesure d'urgence pour remédier à la crise financière, il prône, depuis plus de dix ans, un Glass-Steagall Act global.