Y a-t-il plus d’asthmatiques à Paris qu’ailleurs ?

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Y a-t-il plus d’asthmatiques à Paris qu’ailleurs ?
@ MaxPPP
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FACT-CHECKING - Nathalie Kosciusko-Morizet affirme qu’à cause de la pollution, les habitants de la capitale sont plus touchés l’asthme. Vrai ou faux ? 

LA PHRASE - Elle s’intéresse de près aux bronches des Parisiens. Lundi dernier, la candidate UMP aux municipales à Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait assuré, sur iTélé : "il y a un certain nombre de maladies qui à Paris ont une prévalence plus importante qu'ailleurs en France, comme l'asthme".

>> Dans sa chronique, Laurent Guimier revient sur cette déclaration :

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Plus d’asthmatiques dans l’Ouest. Les études de prévalence de l’asthme permettent de connaître la proportion de personnes qui présentent les symptômes de l’asthme dans chaque région. Dans une étude de 2006, l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES) estime qu’il y a 6,7% d’asthmatiques en France, soit près de 4 millions de personnes. Le pourcentage de malades n’est que de 6,3% en Ile-de-France. Il n’y a donc pas plus d’asthmatiques en région parisienne qu’ailleurs.

Une étude sur la santé des enfants de maternelle dont les résultats ont été publiés en 2011 montre quant à elle que c’est dans l’Ouest, notamment en Bretagne et en Normandie, qu’on recense le plus de petits asthmatiques. Beaucoup plus qu’à Paris et en banlieue.

Des facteurs multiples. Il est évident qu’il y a un lien entre la qualité de l’air et le nombre des hospitalisations pour crise d’asthme. Les études le confirment. Il est évident également qu’on respire mieux à Saint-Brieuc qu’à Paris. Mais la qualité de l’air n’est pas le seul facteur à prendre en compte pour cette maladie. L’humidité, le climat, la présence d'acariens, les pollens et l’alimentation sont également considérés comme des facteurs aggravants, au même titre que la pollution. Un enfant qui mange trois fois par semaine dans un fast-food a ainsi 40% de risque de plus de souffrir d’un asthme sévère. La malbouffe est aussi mauvaise pour les bronches que les particules émises par les moteurs diesel.

ALORS VRAI OU FAUX ? Si la pollution peut exacerber un asthme existant, elle n’augmente pas le nombre de malades. Il y a ainsi moins d’asthmatiques en Ile-de-France que dans le reste du bassin parisien.