Woerth "prolonge l’action" contre l'évasion fiscale

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Woerth "prolonge l’action" contre l'évasion fiscale
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La cellule de régularisation a fermé le 31 décembre mais Eric Woerth a assuré qu’il allait "prolonger cette action autrement".

La tendance, "c’est plutôt 3.000 que 1.500". Ainsi, une grande partie des contribuables français figurant sur la liste des 3.000 évadés fiscaux qu’Eric Woerth avait agitée en août ont "régularisé leur situation", a assuré le ministre du Budget, dimanche, lors du Grand Rendez-vous Europe 1 – Le Parisien – Aujourd’hui en France. Les chiffres précis seront rendus publics dans le courant du mois de janvier.

La cellule de régularisation pour évadés fiscaux a permis de "rapatrier 3 milliards d’euros" de la Suisse vers la France, ce qui correspond à "plus de 500 millions de fiscalité", directement dans les caisses de l’Etat. "C’est un formidable succès" s’est félicité le ministre du Budget. Cette cellule a fermé son guichet le 31 décembre, mais Eric Woerth a assuré qu’il allait "prolonger cette action autrement", en faisant preuve de souplesse avec les contribuables en situation illégale qui se présenteraient spontanément au fisc, en démarrant "dès début janvier" les contrôles fiscaux pour les autres :

Autre annonce importante, Eric Woerth a affirmé qu’une nouvelle version de la taxe carbone serait votée "avant le mois de mars", c’est-à-dire avant les élections régionales. Le nouveau texte tiendra compte de la décision du Conseil constitutionnel, qui a rejeté une première version de la loi le 29 décembre, au motif que celle-ci était "contraire à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et créait "une inégalité face à l'impôt".

Néanmoins, le gouvernement "va maintenir des dérogations" qui permettront à des entreprises ou à des secteurs d’être exemptés de ce nouvel impôt, a annoncé Eric Woerth : "Il faut bien tenir compte de la réalité de la production et de l’activité économique d’un certains nombre de secteurs. La taxe carbone n’est pas faite pour nuire à la compétitivité de l’industrie globale française." Et l’électricité ne sera toujours pas concernée, dans la mesure où "l’électricité française est composée presque exclusivement de nucléaire", qui ne produit pas de carbone. "Ce serait dingue de taxer l’électricité nucléaire", a conclu Eric Woerth.

Enfin, interrogé sur la croissance en 2010, le ministre du Budget s’est dit convaincu "qu’on sera[it] entre 1% et 1,5%. Peut-être 1,5% si les choses vont bien. Les résultats du troisième et du quatrième trimestre vont dans ce sens."

2010 sera donc l’année de la "sortie de crise". Mais pas celle de la baisse du chômage. "En tout cas, sur le premier semestre 2010, évidemment le chômage va continuer à augmenter parce que le rythme de croissance ne sera pas suffisant pour l’absorber. Après on verra", a conclu le ministre.