Wissous : le maire qui en veut à l’Islam

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Wissous : le maire qui en veut à l’Islam
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ISLAMOPHOBIE - En publiant des articles haineux sur sa page Facebook, le maire de Wissous a déclenché une grosse polémique. 

La petite ville de Wissous, dans l’Essonne, est plongée dans une ambiance délétère depuis plusieurs semaines. Au cœur de l’été, le maire de la petite commune de 6.000 habitants, Richard Trinquier crée la polémique en interdisant l’accès de Wissous-Plage aux femmes voilées. Une décision jugée illégale à deux reprises par le tribunal administratif mais qui n’arrête pas l’édile. En postant sur son compte Facebook des articles sur les dangers de l’islam, Richard Trinquier a déclenché un véritable clivage dans sa commune.

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Des messages ultra-violents sur Facebook. En cause, des dizaines d’articles clairement islamophobes relayés sur la page Facebook du maire, Richard Trinquier, et largement commentés par les élus de la majorité. Une conseillère municipale a ainsi proposé de déchoir de la nationalité française les personnes qui possèdent la double nationalité "pour qu’ils retournent au cul de leurs ânes dont ils n’ont pas su évoluer". Certains habitants en ont également profité pour déverser un flot d’insultes contre la communauté musulmane. Des femmes voilées ont même été insultées à plusieurs reprises dans les rues de Wissous. "Tuons-les tous, femmes et enfants et Dieu reconnaîtra les siens". Voici l’un des derniers commentaires qu’on pouvait lire sur le réseau social.

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Des messages finalement retirés. "Quand on met un article tous les deux jours depuis juillet pour faire croire aux gens qui vont sur Facebook que les musulmans, c’est le mal absolu, qu’on va mettre des écoles coraniques à tous les coins de rue, ce n’est plus possible", dénonce Abdelkrim  Benkouhi, président de l’association Al-Medina au micro Europe 1. "Il faut que le maire cesse cet acharnement". Dans les colonnes du Parisien, Richard Trinquier expliquait n’avoir rien mis lui-même sur son profil Facebook. Depuis, ces articles ont même été retirés.

Georges Tron "horrifié". "Je suis abasourdi, horrifié par ce que je découvre. C’est juste inadmissible", a réagi jeudi le patron UMP de l’Essonne, Georges Tron dans le Parisien. "Si Richard Trinquier ne se désolidarise pas et ne désavoue pas ces élus, s’il assume leurs propos ou réitère ceux qu’il aurait lui-même tenus, une exclusion sera demandée", prévient même Georges Tron. Le maire de Wissous a d’ailleurs été convoqué devant le bureau départemental de l’UMP pour fournir des explications sur cette affaire.

Une exclusion possible ? Le maire de Wissous pourrait même risquer plus qu’une exclusion de son propre parti. Le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF) qui a enregistré tous les commentaires sur la page Facebook du maire demande son exclusion pure et simple.