"Wanted, ils ont ruiné Grenoble" : le tract de LR passe mal à gauche

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"Wanted, ils ont ruiné Grenoble" : le tract de LR passe mal à gauche
@ PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Les élus de gauche grenoblois ont  dénoncé une "'trumpisation' du débat public" après la diffusion d'un tract "Wanted" sur lequel figurait leur portrait.

Les Républicains de Grenoble ont publié vendredi un tract intitulé "Wanted" sur lequel figure 25 portraits d'élus qui sont, selon eux, "responsables des malheurs de Grenoble", suscitant la colère d'élus de gauche.

Afficher les "responsables". Sur ce tract, publié à 80.000 exemplaires, sont notamment épinglés l'ancien maire PS de Grenoble Michel Destot, la députée PS de l'Isère Geneviève Fioraso ou l'actuel maire écologiste de la ville Eric Piolle, avec, en dessous des photos, la légende : "ils ont ruiné Grenoble". Après "21 ans de gestion de gauche", "il s'agit que ceux-ci soient bien identifiés par les Grenoblois afin que tous ceux qui ont à subir la dégradation de la ville, la suppression ou la réduction de services, l'augmentation folle de toutes les taxes et redevances sachent à qui ils le doivent", écrivent Les Républicains de l'Isère sur leur site Internet, dans un billet daté de samedi - dans lequel l'ex-maire de Grenoble Alain Carignon est abondamment cité - et qui confirme une information du Dauphiné Libéré.

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Crédit : Les Républicains de l'Isère

Les codes du western. Dans un communiqué, les élus de la majorité estiment que ce visuel "fait implicitement référence à la formule 'mort ou vif'" en "reprenant les codes du western". Il peut donc "s'apparenter à un appel à la violence physique contre des élus de la République et participent encore un peu plus à l'hystérisation du débat public", regrettent Laurence Comparat et Claus Habfast, coprésidents du groupe des élus du Rassemblement citoyen, de la gauche et des écologistes qui disent étudier "les suites à donner à cette campagne". 

"Trumpisation". Pour eux, "l'approche des élections présidentielle et législatives ne saurait justifier une forme de 'trumpisation' du débat public". Au début du mois, le candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump avait suscité un tollé en laissant entendre que seuls les défenseurs du port d'arme étaient à même de stopper son adversaire démocrate Hillary Clinton. Cette formulation avait été interprétée à gauche et par des éditorialistes comme un appel à peine voilé à une résistance armée. Mais Donald Trump avait ensuite affirmé qu'il voulait simplement dire que les détenteurs d'armes devaient se faire entendre en allant voter en novembre.