Voici le nouveau "Monsieur litiges" de l’UMP

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Voici le nouveau "Monsieur litiges" de l’UMP
Gerald Darmanin dans les couloirs de l'Assemblée nationale.@ MaxPPP
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Gérald Darmanin, député du Nord, a été élu à la tête de la commission nationale des recours de l’UMP. Il était le seul candidat.

L’INFO. A l’UMP et chez les militants de droite, personne ne l’a oubliée. Au début de l’hiver 2012, alors que Jean-François Copé et François Fillon s’écharpaient dans la bataille pour la présidence de l'UMP, c’est la commission nationale des recours de l’UMP qui avait dû trancher. Mercredi, cette dernière s’est donné un nouveau président, qui succède donc à Yanick Paternotte : Gérald Darmanin, député du Nord, seul candidat, qui ne s'occupera plus que "des décisions en matière disciplinaire".

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Qui est-il ? Élu du Nord, Gérald Darmanin, 31 ans, est un des plus jeunes parlementaires de l’Assemblée nationale. Il fait notamment partie, avec six autres trentenaires, du groupe des "cadets-Bourbon", qui se veulent "le porte-voix de la jeunesse active au Parlement". Mais l’élu du Nord est aussi, et surtout, un très proche de Xavier Bertrand, candidat déclaré à la primaire de l’UMP en 2016. "C'est grâce à lui que je suis devenu conseiller régional. Je pense aussi que c'est grâce à lui que je suis devenu député", reconnaît-il d’ailleurs.

Proche de Xavier Bertrand, mais pas seulement. Gérald Darmanin, fils d'une femme de ménage et petit-fils de harki, incarne une autre droite populaire. Et ça, ça plait à un certain Nicolas Sarkozy. Depuis sa défaite, l’ancien président reçoit beaucoup, et le jeune député est souvent de ces rendez-vous. "Je peux lui dire des choses dures. Par exemple que son problème ce n'est pas Nicolas Sarkozy, ce sont certains sarkozystes", a-t-il expliqué dans le Journal du Dimanche.

Elle sert à quoi cette commission ? Composée de neuf membres, elle ne s'occupera pas des primaires de 2016, l’UMP ayant décidé d’installer, début janvier, une Haute autorité qui sera chargée des litiges concernant ces élections internes. Gerald Darmanin et ses huit collègues devront en revanche s’emparer "des décisions en matière disciplinaire". Autrement dit, dès qu’un candidat UMP flirtera d’un peu trop près avec le Front national dans le cadre des municipales, c’est la commission des recours qui se penchera sur son éventuel suspension ou exclusion. Plus largement, "cette commission statue sur des recours introduits par des militants, élus, au sujet de demandes d'adhésion repoussées, de décisions disciplinaires, de sanctions prises par une autre instance. La décision de la Commission n'est ensuite susceptible d'aucun recours."

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Et que devient son prédécesseur ? Il est sorti de l’anonymat à la faveur du psychodrame de l’UMP. Il s’en serait certainement bien passé. Contesté car considéré trop proche de Jean-François Copé, Yanick Paternotte avait refusé de se dessaisir du dossier. Discret depuis cet épisode, il a toutefois refait parler de lui dans la rubrique justice. Le maire de Sannois (Val-d'Oise) a en effet été condamné le 13 décembre 2012 à quinze mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel de Nanterre.

La justice lui reprochait d'avoir accepté, le 1er octobre 2004, un bien immobilier d'une valeur de 210.000 euros. Cette somme correspond aux 3/10es de la propriété en indivision de la victime présumée - alors âgée de 91 ans, une vieille dame décédée en 2008 après avoir été placée sous tutelle. Mais le 29 janvier 2014, la cour d'appel de Versailles a relaxé Yanick Paternotte. "La cour a considéré que l'abus de faiblesse n'était pas démontré et que rien ne pouvait mettre en cause l'intégrité de Yanick Paternotte", a indiqué son avocat Me Hervé Temime, à l'issue du délibéré, se félicitant de "la fin d'un long calvaire".

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