Visiter une entreprise pendant sa campagne ? Un casse-tête pour certains candidats

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Dans une entreprise, les candidats ne sont pas forcément toujours très à l'aise. Pour que la visite se passe sans accro, à chacun ses astuces.

L'ENQUÊTE DU 8H

Visiter une entreprise, c'est une étape obligatoire pour un candidat en campagne. Cette semaine, deux d'entre eux se sont livrés à l'exercice : Benoît Hamon, mardi, sur le site pétrochimique de Kem One à Fos-sur-Mer et Marine Le Pen mercredi, dans une chocolaterie artisanale près de Besançon. Des visites organisées qui ne doivent rien au hasard. 

Les patrons d'entreprise, de bons appuis. Pour sélectionner les entreprises qui seront visitées, il suffit de passer par des proches. Pour Benoît Hamon, il s'agissait du maire de Fos-sur-Mer. Et pour Emmanuel Macron dans le Cantal, début septembre, c'est le patron lui-même qui était adhérent d'En Marche !. Mais pour Marine Le Pen, la tâche est plus ardue parce que les entreprises ne se bousculent pas. Alors quand elle en trouve une qui est dirigée par un ami politique, elle saute sur l'occasion comme à Forbach, le 18 janvier dernier : le patron de la PME était également un conseiller régional du Front national.

Des salariés qui réservent des surprises. Mais la donnée la plus aléatoire de ces visites reste les salariés. Fin janvier, Jean-Luc Mélenchon s'est rendu à Toulon, un terrain qu'on lui pensait acquis. Mais lors de sa rencontre avec des cheminots du Technicentre, tout ne s'est pas déroulé comme prévu. "Droite gauche mélangées, vous ne respectez pas", avait lancé un salarié. "Pourquoi tu me parles comme ça ? Pourquoi on ne vous respecte pas ? J'use ma vie à vous défendre !", avait répondu le candidat. 

La solution : les entreprises qui n'ont pas de syndicats. Et les candidats qui ont des "casseroles", comme François Fillon doivent ruser pour que leurs visites se passent sans accro. Dans ce cas, l'idéal est une entreprise qui n'a pas de syndicats. C'est ce que l'équipe du candidat LR a trouvé avec l'usine du Coq Sportif de Romilly-sur-Seine, le mois dernier. Et pour cause : l'usine venait de redémarrer. Il n'y avait donc pas encore de représentants du personnel.

Une technique imparable, comme le reconnaît David Morin, le chef de file de la CGT dans l'Aube. "Effectivement, si nous on avait été prévenus en amont, s'il y avait eu une organisation CGT sur le site, on aurait préparé un comité d'accueil, on aurait demandé une audience... Il n'aurait pas été aussi tranquille que ce qu'il a pu être le 7 février dernier."

Une opération de communication avant tout. S'il y a du fond dans ces visites d'entreprises, il s'agit surtout de véhiculer une image à renvoyer aux électeurs, celle d'un candidat au contact de la réalité économique et sociale. Une image qui est d'autant plus reluisante quand elle est n'est pas brouillée.