Villeneuve-sur-Lot : le PS s'en prend aux Verts

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Villeneuve-sur-Lot : le PS s'en prend aux Verts
Bernard Barral, au centre, entouré de Stéphane Le Foll et Manuel Valls, n'est pas parvenu à se hisser au second tour de la législative partielle, laissant le champ libre à la droite.@ MAXPPP
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DECRYPTAGE - Le PS accuse son allié écologiste après la défaite au 1er tour de la législative partielle

Regain de tension entre les socialistes et les Verts. Déjà divisés sur plusieurs dossiers menés par la majorité présidentielle, les deux alliés se sont trouvé un nouveau terrain d'affrontement depuis dimanche, avec l'élimination du candidat socialiste au profit d'un duel UMP-FN au second tour de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot.

Bernard Barral donne le ton. Distancé par Jean-Louis Costes (UMP, 28,71%) et Etienne Bousquet-Cassagne (FN, 26,04%), le socialiste Bernard Barral (23,69%) n'a même pas enregistré les 12,5% des inscrits qui lui auraient permis d'arracher une triangulaire au second tour. Ce résultat, a-t-il analysé à chaud, est "la conséquence d'une campagne beaucoup trop courte, d'une division de la gauche et des retours de l'affaire Cahuzac". L'éparpillement des voix à gauche - 5,08% pour Marie-Hélène Loiseau du Front de gauche, et 2,78% pour Lionel Feuillas d'EELV -, cumulé aux plus de 54% d'abstention, a sans doute été fatal à Bernard Barral. Avec ces voix, le candidat PS aurait dépassé les 12,5% des inscrits requis pour disputer une triangulaire.

Les Verts dans le viseur. Dans la soirée, dimanche, le chef de file des socialistes à l'Assemblée nationale a jugé "incompréhensible et inexcusable" le maintien d'un candidat par EELV. Il est "totalement anormal que sur des élections partielles, la majorité présidentielle ne soit pas rassemblée", a posté Bruno Le Roux sur son compte Twitter...

Avant d'enfoncer le clou quelques minutes plus tard, en visant nommément Lionel Feuillas.

Les réponses n'ont pas tardé à fuser chez les écologistes. "Quand il y a un aussi mauvais résultat à une élection législative partielle, il faut être avant tout lucide. C'est à la fois grossier et indécent de s'en prendre à un parti de la majorité, qui est solidaire du gouvernement depuis un an", a fustigé sur Europe 1 François de Rugy, député EELV, coprésident du groupe à l'Assemblée. Le sénateur Jean-Vincent Placé a estimé qu'il n'était "pas la peine de chercher un bouc émissaire", appuyant ses propos par un rapide calcul mathématiques.



Pierre Minnaert, membre du Conseil fédéral des Verts, a refusé le terme "division", arguant que les deux candidats incriminés étaient déjà présents l'année dernière, ce qui n'avait pas empêché Jérôme Cahuzac de l'emporter largement au second tour, après avoir dominé le premier. A l'époque, Marie-Hélène Loiseau avait recueilli 4,5% des voix, et Lionel Feuillas 2,03%, des scores à peu près similaires à ceux de dimanche.



"Merci Jérôme". Le député démissionnaire en a aussi pris pour son grade après l'annonce des résultats. C'est un "scénario catastrophe qu'on doit en grande partie aux frasque de M. Cahuzac", a souligné sur Europe 1 Thierry Mandon, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée. "Je dis 'merci Jérôme'", a-t-il ajouté, cinglant. "Celui qui fut notre camarade, non seulement ne doit pas être fier, mais doit disparaître à tout jamais de la vie politique", a-t-il encore analysé. Invité d'Europe 1 lundi matin, Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, estime que "l'affaire Cahuzac n'explique pas la défaite" socialiste.


Lors de son passage sur Capital, dimanche soir, François Hollande s'est montré plus mesuré dans son jugement. Le président a expliqué qu'il fallait analyser cet échec comme une "séquelle" de l'affaire Cahuzac. "C'est quand il n'y a plus d'espérance qu'il y a des votes extrêmes", a-t-il ajouté. Une idée reprise sur Europe 1 par Thierry Mandon. "Moins on est exemplaire, plus le Front national montera. Il faut un ressaisissement général de la classe politique", a-t-il réclamé. Cette nouvelle défaite menace un peu plus la majorité absolue du PS à l'Assemblée nationale, qui ne possède plus que trois sièges de marge.