VIDEOS - Tapie "exécuté avant d'être condamné"
© i>TELE / Philippe Mazzoni

ÉDITION SPÉCIALE - Bernard Tapie était l'invité exceptionnel d'Europe 1 mercredi soir.

Bernard Tapie était l'invité de Jean-Pierre Elkabbach et de Michaël Darmon pour une émission exceptionnelle sur Europe 1 et i>Télé entre 18h à 19h. Retrouvez ses principales déclarations.

>>> L'essentiel des déclarations : 

Il va contester "dès aujourd'hui la saisie de ses biens". Interrogé sur la saisie de ses biens par la justice, annoncée mercredi, Bernard Tapie assure être tombé des nues, et qu'il va "contester dès aujourd'hui" cette procédure. "Franchement, je ne savais pas que je vivais dans un pays où on peut exécuter les gens avant d’avoir été condamné ! Quand il y a eu des soupçons, avec des poursuites judiciaires lourdes, j’ai fait savoir que je ne vendrais pas mes actifs. Cela n’a apparemment pas suffi. Je ne savais pas non plus que l’on pouvait me saisir sur plus que j’ai gagné. L’Etat m’a versé 180 millions d’euros et ils me saisissent pour 238 millions d’euros !" Et d’assurer "on va se battre ! C’est la mort avant la mort".


"J’ai eu peur jusqu’au dernier moment". Mis en examen pour escroquerie en bande organisé, Bernard Tapie a estimé que "c’est tellement grave que j’ai eu peur jusqu’au dernier moment de ma garde à vue. J’étais en prison qu’avec des innocents… donc j’attendais le mistigri. Cette mise en examen a été faite uniquement pour pouvoir procéder à la saisie de mes miens. On ne va pas parler de complot car cela fait ringard." Mais Bernard Tapie n'hésite pas à le dire : "je suis présumé coupable."


"Hollande laisse faire".  L’intervention de Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, ne passe pas pour Bernard Tapie, qui estime que le politique n’avait pas à s’immiscer dans cette affaire. "J’étais en guerre avec une banque, pas avec l’Etat français. La banque a été défaillante, donc je ne vois pas pourquoi l’Etat reprend la main avec Pierre Moscovici. Comment ose-t-il dire ‘j’ai suggéré la saisie des biens de Tapie ?’" Et d’"assurer avec force… et ironie : "non, il n’y a pas de conspiration !" Et de citer les noms de tous les socialistes qui ont joué un rôle dans cette affaire, comme Didier Migaud, le juge Nadal ou Jérôme Cahuzac. Mais pas François Hollande. "Je ne crois pas une seule minute que le président soit à la manœuvre. Il laisse faire. il n'a pas le courage d'affronter la réalité." Et d'ajouter : "Je pense qu'il y en a quelques-uns, dans les rangs des socialistes, qui ne seraient pas mécontents que cette aventure ne lui porte pas bonheur".


"Mes contrôleurs fiscaux ne me lâchent plus !" En 1994, en pleine période de cohabitation entre Mitterrand et Balladur, Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit lyonnais "a essayé de sauver la baraque. Il sait que le dossier est pourri. (…) Il n’a rien fait perdre au Crédit lyonnais, mais vis-à-vis de moi, il aurait pu avoir plus d’élégance." Interrogé sur la procédure de l’arbitrage, Bernard Tapie estime que c’est "son ministre qui a convaincu Sarkozy. Christine Lagarde ne pouvait pas le faire sans son accord." Sur ses nombreuses visites à l’ancien président, Bernard Tapie assure qu’il "le voit encore maintenant. Mais mes contrôleurs fiscaux ne me lâchent plus depuis 2008 !" Pour lui, une intervention de Sarkozy ou Guéant "n’est pas crédible".

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Le recours de l'Etat "sera rejeté." Le CDR et l’Etat ont déposé un recours en annulation de la procédure d’arbitrage et Bernard Tapie estime être "certain que ce sera rejeté. Je n’ai pas besoin de me battre, je sais ce qu’il y a dans le dossier. Et je peux vous dire, sans forfanterie, qu’ils n’arriveront pas à leurs fins car cela ne tient pas debout." Dans l’hypothèse où l’arbitrage serait annulé, Bernard Tapie estime que "cela leur coûtera dix fois plus."

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Il va "contester les mises en examen". "Maintenant que tous les avocats ont l'intégralité des dépositions, mon petit doigt me dit que toutes les dépositions vont être connues de tout le monde", a déclaré Bernard Tapie. "Mon avocat m'a dit tout à l'heure que l'on allait saisir la chambre d'accusation (sic) pour contester les mises en examen. On va demander des audiences publiques", a-t-il poursuivi avant d'ajouter "je pense que la réalité vous allez la connaître".


"Je ne me présenterai plus aux élections". Alors que son nom circule avec insistance du côté de Marseille en vue des élections municipales en 2011, Bernard Tapie a été catégorique… puis a laissé planer le suspense : "je ne me présenterai plus aux élections. Je suis arrivé au maximum de ce que j’aurais pu imaginer, c'est-à-dire ministre. A Marseille, si le FN reste en seconde position, je ferai les marchés, les écoles, pour le faire reculer. La gauche croit que le FN est un moyen de baiser la droite. Ce n’est pas une solution !"

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>>> Affaire Tapie, le résumé :

Europe1.fr vous résume 15 ans d'une saga judiciaire 

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Ses biens saisis. Mercredi 10 juillet, les juges enquêtant sur l'arbitrage controversé du litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais ont ordonné la saisie de ses biens. Objectif : éviter que l’homme d’affaires organise son insolvabilité pour anticiper un éventuel remboursement. Concrètement, ces saisies ne signifient pas que Bernard Tapie doivent quitter les lieux, mais il ne peut simplement plus disposer comme il l'entend de ses biens.

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24.05 Christine Lagarde

© capture d'écran BFMTV

Qui a fait quoi ? L’affaire traîne depuis plus de 15 ans, mais a connu un virage décisif en 2008, lorsque la procédure d’arbitrage a attribué 403 millions d’indemnités à Bernard Tapie. Une procédure qui interpelle la justice, qui cherche à démonter la chaîne de décision ayant conduit au choix en 2007 de recourir à un tribunal privé.

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Mis en examen. Après quatre jours de garde à vue - qu’il a en grande partie passé à l’hôpital -, Bernard Tapie a été mis en examen le 28 juin 2013 et placé sous contrôle judiciaire. Son avocat, Me Maurice Lantourne, a subi le même sort. Les deux hommes sont poursuivis pour "escroquerie en bande organisée".

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L’Etat met les pieds dans le plat. Déjà partie civile, l’État, par le biais du Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de liquider le passif du Crédit Lyonnais, a déposé jeudi 28 juin un recours contre l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie. "Ce que je veux dire comme principe, et cela vaut pour toutes les situations, c'est que l'Etat défendra toujours ses intérêts en temps utiles et pour accéder aux informations", avait lancé François Hollande.

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