Victoire des nationalistes corses : "La Corse sera indépendante le jour où les Corses le souhaiteront"

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La priorité du duo gagnant, formé par les nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni lors de l’élection territoriale en Corse dimanche, est d'établir un dialogue constructif avec Paris.

REPORTAGE

C'est une victoire historique, fêtée jusque tard dans la nuit à coups de klaxons et de chants corses. "Après quarante années de lutte, c'est extraordinaire pour nous", lâche un militant. Avec près de 57% des suffrages et malgré l'abstention, les nationalistes corses ont engrangé plus de voix que lors de leur arrivée au pouvoir il y a deux ans.

"Nous somme indépendantistes et nous sommes démocrates". Le duo formé par l'autonomiste Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, partisans de l'indépendance, a été porté en triomphe par les militants dimanche soir. Le second a même reçu un coup de fil de félicitations du Premier ministre Edouard Philippe, ainsi qu'une invitation à Matignon. "Les Corses, aujourd'hui, ne se sont pas prononcés pour l'indépendance. Mais dans dix ans, s'ils le souhaitent, ils demanderont qu'un référendum soit organisé. Nous somme indépendantistes et nous sommes démocrates. La Corse sera indépendante le jour où les Corses le souhaiteront et voteront majoritairement en faveur de l'indépendance, et pas avant", tient toutefois à préciser auprès d'Europe 1 le président de l'Assemblée corse.

Entendu sur Europe 1
La confiance qui nous a été manifesté nous engage et nous oblige
Gilles Simeoni

Des défis immenses. Les militants sont conscients que tout ne se fera pas en un jour, mais attendent beaucoup. "Avec la victoire de ce soir, on peut avoir les outils pour construire le pays, construire l'autonomie. C'est ce que Paris doit entendre !", explique un électeur. "Nous aurons besoin de tous les Corse pour relever les défis qui s'offrent à nous : l'autonomie, la nouvelle collectivité de Corse, développer notre économie, assurer la solidarité entre les territoire et les générations, ouvrir la Corse à l'Europe et à la Méditerranée, construire une relation avec l'Etat et la République", liste de son côté Gilles Simeoni, actuel chef de l'exécutif local. "La confiance qui nous a été manifestée nous engage et nous oblige. Dès demain matin (lundi, ndlr), il faudra être au travail", assure-t-il.

La future collectivité unique, dont les nationalistes prendront les rênes, sera installée le 2 janvier 2018 à Ajaccio. "J'espère que du côté de Paris, le gouvernement du président de la République entendra le message clair et fort qui a été délivré par les Corses. Une grande majorité souhaite que notre île s'engage vers un chemin de paix, de développement et d'émancipation", conclut Gilles Simeoni.