VGE : "pour aimer l'Europe, il faut qu'elle soit aimable"

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VIDEO - L'ancien président de la République a répondu aux questions des auditeurs d'Europe 1, lundi.

Valéry Giscard d'Estaing était l'invité de Wendy Bouchard dans Europe Midi, lundi sur Europe 1. L'ancien président de la République publie Europa. La dernière chance de l'Europe (XO Editions), un livre dans lequel il expose son projet pour relancer la construction européenne. Il préconise de constituer une union très étroite avec les pays qui ont historiquement fondé l'Union européenne. "Il faut organiser ce qu'on peut organiser, avec les pays qui sont actuellement prêts à s'unir. Il y en a une douzaine", a-t-il affirmé au micro d'Europe 1.

Un "malaise dans la société française". "Le monde s'est organisé en grandes puissances, alors que nous sommes restés des petits pays", a constaté Valéry Giscard d'Estaing. Pour lui, les pays européens "doivent donc s'unir. Et comme ils sont semblables, ça n'est pas très difficile, il faut le faire avec volonté, raison et justice".



"Actuellement, on est en crise. La production n'augmente pas ou à peine. Il y a donc un espèce de malaise dans la société française. Ce malaise existe ailleurs : en Espagne, en Italie, au Portugal et ainsi de suite. Si on se met ensemble et qu'on fait des choses raisonnables et semblables, on va créer un pays qui sera prospère, apaisé, avec une situation sociale intégrée, un emploi meilleur. Faisons-le", a poursuivi l'ancien chef de l'Etat. Pour lui, "la première chose, c'est de constituer un ensemble économique et social solide, pacifique et prospère".

"Pour aimer l'Europe, il faut qu'elle soit aimable". Valéry Giscard d'Estaing ne s'étonne pas de la défiance des citoyens à l'égard des institutions communautaires, exprimée lors des dernières élections européennes. "Pour aimer l'Europe, il faut qu'elle soit aimable. On ne peut pas aimer un système qui ne marche pas. Nous avons une crise, nous avons des institutions qui fonctionnent mal, nous avons des élections peu représentatives", a martelé "VGE".



"Les votes europhobes, c'est un mécontentement de l'Europe telle qu'elle fonctionne", a également assuré l'ancien président. "Elle ne fonctionne pas bien. On fait des réunions à plus de 100 personnes dans une salle pour traiter les problèmes économiques : on ne peut pas prendre de décision, on n'en prend pas, d'ailleurs".



Soutenir un candidat UMP ? "Ce n'est pas le moment". Interrogé sur le soutien de Jacques Chirac à Alain Juppé, Valéry Giscard d'Estaing a refusé d'apporter son soutien à une quelconque personnalité politique en vue de 2017. "Ce n'est pas le moment", a-t-il estimé. "Aux Etats-Unis d'Amérique, la prochaine élection présidentielle sera à la même date que la nôtre. Personne n'en parle, aucun journaliste n'en parle", a-t-il assuré. Pour lui, "vous ne pouvez pas être candidat à deux ans et demi de l'échéance". "VGE" a fixé son calendrier : "En 2016, il faudra se préparer, et en 2017, on vote. Eh bien, à ce moment-là, je dirai comment voter".



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