Valls, une visite anti-FN à Forbach

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Valls, une visite anti-FN à Forbach
Officiellement, Manuel Valls se rend à Forbach, en Lorraine, pour parler sécurité.
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Le ministre de l’Intérieur se rend mardi en Moselle, où le n°2 du FN, Florian Philippot, est candidat.

Forbach, un choix pas anodin. Manuel Valls a beau proclamer qu’il n’est pas une arme anti-FN, le choix de son déplacement, mardi à Forbach, n’a rien d’un hasard. D’abord le timing. Le ministre le plus populaire, celui de l’Intérieur, du gouvernement, est envoyé en première ligne alors que le FN a le vent en poupe. La cantonale partielle de Brignoles, où le parti de Marine Le Pen est arrivé en tête et la gauche éliminée dès le premier tour, l’a encore montré.

Florian Philippot front national 930620 reuters 23.05.12

© REUTERS

Et puis il y a le choix du lieu. Forbach, sous-préfecture de la Moselle, est en effet le fief choisi depuis juin 2012 par Florian Philippot, le numéro deux du Front national. Le vice-président sait que la ville est prenable pour son parti, puisqu’il avait récolté au second tour des législatives, en juin 2012, 40,70% des voix dans la cité lorraine. Cela, ni l’Elysée ni Matignon ne l’ignorent. Et Manuel Valls aura beau répondre que son déplacement n’aura pour seul thème que la sécurité, il aura du mal à convaincre.

Le FN est prêt. D’ailleurs, le Front national ne s’y trompe pas. Dès l’annonce de la venue du ministre, une opération anti-Valls a été montée en quelques heures. Et désormais tout est prêt : un tract sur l’insécurité, des dizaines de militants frontistes mobilisés, et un quadrillage de la ville toute la journée de demain pour accueillir comme il se doit le locataire de la place Beauvau.

Les militants frontistes galvanisés. Et il n’est pas besoin de pousser fort les militants locaux du Front national pour qu’ils se mobilisent face à ce qu’ils considèrent comme une intrusion indécente et déloyale dans la campagne des municipales. "Ça veut dire qu’il n’a aucune considération pour les 20 ou 30% de gens qui votent Front national. Ça veut dire qu’il nous prend pour des cons", peste un premier. "Manuel Valls est quand même payé par les impôts que payent les Français pour faire la guerre à un parti qui est républicain", s’agace un deuxième. "Moi je veux dire que c’est un scandale. Je pense qu’il va valser. Depuis le temps qu’il nous joue un tango langoureux, ça suffit. Maintenant, il faut valser", abonde un troisième, jouant sur le nom de famille du ministre.

Philippot au front. En tête de ces militants se trouvera Florian Philippot, pour qui la venue de Manuel Valls est une publicité de plus pour le FN, et surtout la preuve que le PS panique et a peur de perdre la ville. "Valls n’est pas dans son rôle et demain nous serons là pour lui faire remarquer", prévient le vice-président du FN. Qui s’arrangera sûrement pour tomber, au hasard d’un tractage, sur le ministre de l’Intérieur. L’occasion, peut-être, de croiser le fer.

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