Valls : "l'Union européenne n'a pas vocation à s'élargir indéfiniment"

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Valls : "l'Union européenne n'a pas vocation à s'élargir indéfiniment"
"D'autres États pourront bien sûr la rejoindre le moment venu, mais il faudra aussi savoir dire non", estime Manuel Valls@ AFP
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Lors d'un colloque à Paris, Manuel Valls a déclaré qu'il fallait "sortir de l'hypocrisie" et "aller au fond du débat" sur la candidature de la Turquie.

Manuel Valls a estimé vendredi que l'Union européenne n'avait "pas vocation à s'élargir indéfiniment", recommandant notamment de "sortir de l'hypocrisie" et "d'aller au fond du débat" sur la candidature de la Turquie.

"L'Union n'a pas vocation à s'élargir indéfiniment". "Revendiquer une identité européenne, c'est assumer l'existence de frontières extérieures. Bien souvent, le mot est tabou. Revendiquer une identité européenne, c'est dire que l'Europe commence et s'arrête quelque part. Non pas pour exclure, rejeter mais pour délimiter et définir. Sans dehors, on cherche en vain un dedans ! Je le dis : l'Union n'a pas vocation à s'élargir indéfiniment !", a déclaré le Premier ministre lors d'un discours pour les vingt ans de l'Institut Jacques Delors.

"Il s'agit bien de savoir où commence et où finit l'Europe". "D'autres États, notamment dans les Balkans, pourront bien sûr la rejoindre le moment venu, mais il faudra aussi savoir dire non. Telle est ma conviction", a ajouté Manuel Valls, en présence du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "La question de la Turquie est, bien sûr, dans tous les esprits. Il faudra sortir de l'hypocrisie. La Turquie est un grand partenaire, essentiel pour notre sécurité collective ; elle est membre de l'OTAN. Mais, il faudra aller au fond de ce débat."

"Pas parce que c'est un pays musulman ! L'islam, un islam moderne, débarrassé du poison salafiste, a toute sa place en Europe, hier, aujourd'hui, demain. Mais parce qu'il s'agit bien de savoir où commence et où finit l'Europe ; et parce qu'il s'agit de savoir quel destin géographique les pays sont prêts à partager", a préconisé le Premier ministre.

"Moi, je crois aux nations". Le chef du gouvernement français, qui prône également "des partenariats stratégiques avec la Russie, le Proche-Orient, l'Egypte, ou encore le Maghreb", est également revenu sur les contours de l'Union européenne qui "ne doit pas devenir un Etat fédéral". "Moi, je crois aux nations. Elles ne sont pas une mélancolie, un vestige du passé. Elles sont un repère dans ce monde qui change si vite ! Voyons les grandes nations qui émergent à l'échelle planétaire !"

"Sans nations fortes, le projet européen est fragilisé. Mais sans Union puissante, nos nations sont plus faibles. L'Europe, c'est ce supplément de souveraineté qui permet à nos nations de peser davantage. Et c'est là qu'intervient la grande supercherie des populismes qui sévissent partout. Ils affirment qu'il faut se retirer du monde, se barricader. Ce sont des sornettes !". L'UE "mourra si elle est faible, si elle est ralentie", a averti Manuel Valls.