Valls : "Il faut vraiment maîtriser nos frontières" mais "pas en sortant de Schengen"

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Valls : "Il faut vraiment maîtriser nos frontières" mais "pas en sortant de Schengen"
@ ERIC FEFERBERG / AFP
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Le Premier ministre a tenu mardi après-midi à l'Assemblée nationale, un discours critique et réformateur sur l'Europe, en ouverture du débat sur les conséquences du Brexit

Manuel Valls tire les leçons du Brexit devant l'Assemblée nationale et entend proposer un nouveau projet européen. Mardi, il a tenu un discours pour ouvrir les débats sur les conséquences du Brexit devant les députés. Le Premier ministre a critiqué "une Europe punitive", "acquise aux thèses ultra-libérales et à l'austérité", qui selon lui a été rejetée par les Britanniques.

Gestion comptable de l'Europe. "L'Europe, ça ne peut pas être seulement les Etats qui rendent des comptes sur la gestion de leurs budgets", a déclaré Manuel Valls en référence à la règle prévoyant que les déficits publics ne peuvent excéder l'équivalent de 3% du PIB d'un pays, sous peine de sanctions.

"Le malaise des peuples vis-à-vis de l'Europe". "Le référendum britannique sur le Brexit démontre qu'"il faut crever l'abcès" sur l'Europe et "montre d'une certaine manière le malaise des peuples" vis-à-vis de la construction européenne, a poursuivi le Premier ministre. Les Européens "doutent de l'Europe. Ils ne comprennent pas ce qu'elle fait, ne voient pas ce qu'elle leur apporte. Pour eux, l'Europe est envahissante sur l'accessoire et absente sur l'essentiel. Pire, ils ont le sentiment qu'elle impose ses choix et joue systématiquement contre leurs intérêts", a-t-il expliqué.

"Les apprentis sorciers". Le Premier ministre a ensuite insisté sur le risque de contagion en France du Brexit. "Il faut vraiment maîtriser nos frontières" mais "pas en sortant de Schengen", a-t-il affirmé. Valls a enfin mis en garde la droite contre le danger de "jouer aux apprentis sorciers" quant à un éventuel référendum français sur la sortie de l'Union européenne.

"Sortir de l'histoire ou regagner les cœurs". "La suite de l'histoire n'est pas écrite et l'Europe a le choix", a-t-il conclu. "Soit elle refuse de changer profondément et les peuples continueront de la fuir. L'Europe alors sortira de l'histoire. Soit elle est prête à se réformer, à agir avec et pour les peuples dans le respect de chacun et l'intérêt de tous. Alors elle saura regagner le coeur des Européens."