Valls et Taubira sortent la droite de sa torpeur

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Valls et Taubira sortent la droite de sa torpeur
@ Reuters
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RÉACTIONS - Discrète ces derniers temps, l’UMP fait feu de tout bois sur les deux ministres.

Ils coulaient des jours paisibles, profitaient des joies du barbecue et du rosé bien frais, comme le veut l'archétype du français en vacances. Harassés par des années d’exercice du pouvoir, les cadres de l’UMP ont été aux abonnés absents pendant de nombreux jours. Mais pas question de laisser passer le couac entre Manuel Valls et Christiane Taubira, deux poids lourds du gouvernement. Depuis mardi, les communiqués tombent dans les rédactions, et les ténors du parti se répandent un peu partout dans les médias. Les merguez attendront bien quelques jours encore.

Au tout début du mois d’août, sur un sujet proche, l’occasion leur était déjà donné de ferrailler avec la ministre de la Justice. Christiane Taubira avait en effet pointé du doigt une erreur commise en 2004 par Dominique Perben, ministre de la Justice de l’époque. En cause : la libération probable de dizaines de détenus suite à l’annulation récente, par la Cour de cassation, d’un décret pris à cette période par le gouvernement Raffarin. "Je suis extrêmement préoccupée par ce laxisme de la droite, des gouvernements successifs", avait lancé Christiane Taubira. Ce qui n’a provoqué aucune réaction à l’UMP, qui s’est plongée dans un silence embarrassé. Avant de sortir de sa torpeur avec ce nouveau couac entre deux ministres socialistes.

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>> Europe1.fr a compilé les sorties médiatiques des cadres de l’UMP.

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© MAXPPP

Lieutenant de François Fillon, Eric Ciotti a fustigé en premier  l’existence de deux lignes politiques au sein du gouvernement : "sécuritaire" pour Manuel Valls et "laxiste" pour Christiane Taubira. "Il faudrait que Hollande décide", a-t-il donc estimé, mardi soir, sur RMC, avant d’appeler les deux socialistes à prendre leur responsabilité : "il faut que l'un des deux ministres quitte le gouvernement."

Luc Chatel

© REUTERS

Luc Chatel, vice-président délégué de l'UMP et député de la Haute-Marne, considère lui aussi que "François Hollande doit trancher" car "on ne peut pas faire dire l'inverse à son ministre de l'Intérieur, qui considère qu'il ne faut pas anticiper les relâchements de délinquants, et à son ministre de la Justice qui pense que c'est la bonne alternative", a poursuivi l'ancien ministre.

Très discrète ces derniers mois, Michèle Alliot-Marie, qui a exercé les deux fonctions - ministre de l’Intérieur et de la Justice - a commenté, mercredi matin sur Europe 1, cette dissonance au sein du gouvernement. Pour elle, pas de doute possible,  "c’est un couac de plus dans la gestion gouvernementale ! C’est la preuve que les opérations de communication qui tendaient à faire croire que l’un et l’autre s’entendaient bien ne sont qu’un leurre."



Alliot-Marie : "Un couac de plus dans la...par Europe1fr

Grande utilisatrice du réseau social Twitter, Nadine Morano multiplie, depuis mardi, les messages de 140 signes à destination du gouvernement. La tonalité est la même.



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Après avoir assuré, mardi sur Europe 1, que "le gouvernement ment" et que "Valls ne fait rien", Christian Estrosi a continué sa tournée médiatique. Mercredi, l’ancien ministre de l’Industrie était ainsi sur le plateau d’i>télé et dans les colonnes du Figaro. Mais le message est le même : "Manuel Valls, présenté comme l'étoile montante du gouvernement, a toujours été dans le commentaire et non dans l'action. Il a joué pendant des mois la comédie de l'entente parfaite avec Taubira, malgré la menace exprimée par la garde des Sceaux de supprimer les peines planchers ou les tribunaux correctionnels pour mineurs". Et le député-maire de Nice de conclure, sibyllin : "si jamais le ministre de l'Intérieur devait être désavoué par le gouvernement sur la réforme pénale, je l'invite à en tirer toutes les conséquences."

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Dans un communiqué, Guillaume Larrivé, député UMP de l'Yonne, estime lui aussi que "ce désaccord majeur entre les deux ministres responsables de la sécurité des Français est extrêmement préoccupant pour notre pays". "L'incapacité du président de la République à fixer un cap offre, hélas, un boulevard aux criminels et aux délinquants, comme on le voit cet été à Trappes, à Brétigny-sur-Orge, à Sevran, à Marseille, mais aussi dans les territoires ruraux où explosent les cambriolages", a-t-il ajouté.
19.11 Jean-François Copé et François Fillon aux journées parlementaires de l'UMP à Marc-en-Baroeul. 930620

© Max PPP

Deux voix manquent toutefois dans ce concert de critiques, et pas les moindres. Actuellement en vacances en Corse, Jean-François Copé n’a pas pipé mots depuis son interview sur Europe 1, le 22 juillet. Il prépare son meeting de rentrée, prévu le 25 août. François Fillon est, lui, encore plus discret : l’ancien Premier ministre garde le silence depuis son tonitruant meeting de la Grande-Motte, le 11 juillet dernier. Le député de Paris est plongé dans l’écriture de son livre.