Valls à l'Assemblée : ces mots qui resteront dans l'Histoire

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Valls à l'Assemblée : ces mots qui resteront dans l'Histoire
@ FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Le Premier ministre a tenu un discours fort à l'Assemblée nationale pour rendre hommage aux victimes des attentats.

"Oui, la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l'islamisme radical. Mais La France n'est pas en guerre contre l'islam et les musulmans." Mardi après-midi, après l'hommage rendu le matin par François Hollande aux policiers tués lors des attentats terroristes, Manuel Valls s'est exprimé longuement devant l'Assemblée nationale. Un discours ponctué de salves d'applaudissements de l'ensemble de la représentation nationale. Un instant rare. Europe1.fr revient sur les moments les plus marquants de cette allocution. 

• La phrase : "Sans les juifs de France, la France ne serait plus la France"

"Oui, disons-le à la face du monde, sans les juifs de France, la France ne serait plus la France ! Ce message, c'est à nous tous de le clamer haut et fort". Manuels Valls a dénoncé le "nouvel antisémitisme" sur fond de "détestation de l'Etat d'Israël". Le Premier ministre a estimé que la France ne s'était pas assez indignée des attaques contre les juifs de France. "Comment accepter que dans certains établissements, collèges ou lycées, on ne puisse pas enseigner ce qu'est la Shoah ? Comment peut-on accepter qu'un gamin de 7 ou 8 ans, quand son enseignant lui demande quel est son ennemi, il réponde 'le juif' ? Quand on s'attaque aux juifs de France, on s'attaque à la France !"

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Et Manuel Valls, sur ce même thème, s'en est ensuite pris, sans jamais le nommer, à Dieudonné, visé par une enquête pour apologie du terrorisme : "Quelle honte que de voir un récidiviste de la haine tenir son spectacle dans des salles bondées au moment même où, samedi soir, la nation, porte de Vincennes, se recueillait", a-t-il affirmé, remonté, avant de demander à la justice d'être "implacable à l'égard de ces prédicateurs de la haine".

• La phrase : "Je ne veux pas qu'il y ait des musulmans qui aient honte"

Après avoir dénoncé l'antisémitisme et assuré que "sans les juifs de France, la France ne serait plus la France", Manuel Valls a ajouté, une fois encore sous des applaudissements nourris, que "l'autre urgence, c'est de protéger nos compatriotes musulmans, ils sont eux aussi inquiets." Le Premier ministre s'est ensuite appuyé sur une anecdote personnelle pour assurer les musulmans du soutien national : "j'ai, comme vous, des amis français de culture musulmane. L'un de mes plus proches amis m'a dit l'autre jour, les yeux pleins de larmes : 'j'ai honte d'être musulman…' je ne veux plus que dans notre pays, il puisse y avoir des juifs qui aient peur. Et je ne veux pas qu'il y ait des musulmans qui aient honte car la République est généreuse et elle est là pour accueillir chacun".

• Une Marseillaise dans l'Histoire

Avant même l'intervention de Manuel Valls, les députés avaient eux aussi décidé de laisser leur trace dans l'Histoire. Alors que Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, venait de les inviter à respecter une minute de silence en hommage aux victimes, l'un d'entre eux, Serge Grouard, a eu l'idée de chanter La Marseillaise. Après un instant d'hésitation, tous les députés et les ministres, debout, ont entonné l'hymne national. Une première depuis… le 11 novembre 1918 !

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Je suis Charlie : La Marseillaise à l'Assembléepar LeLab_E1

• L'émotion du ministre de l'Intérieur

Lors des marches républicaines de dimanche dernier, les forces de l'ordre ont été abondamment applaudies et remerciées par le peuple français. Manuel Valls a tenu à s'associer à ces remerciements. 'Je veux saluer ici l'abnégation, le courage, la bravoure de toutes nos forces de l'ordre", a-t-il lancé sous les vivas de tous les parlementaires. Puis le Premier ministre a tenu à remercier plus particulièrement le premier flic de France, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur. "Vous avez non seulement trouvé les mots justes, mais j'ai pu le voir, à chaque heure, vous étiez concentré sur cet objectif", lui a-t-il assuré. Et, là encore, chose rare, l'ensemble de la classe politique a chaleureusement applaudi Bernard Cazeneuve, visiblement très ému par l'hommage.

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• Les réactions : "L'un des plus beaux discours de la 5ème république"

Outre la standing ovation reçu dans l'hémicycle, Manuel Valls a été l'objet de nombreux tweets de félicitations de la classe politique, de gauche comme de droite. Comme si son discours allait durablement marqué les esprits.







Un bémol toutefois dans cette unanimité politique, seuls deux élus ne sont pas levés pour applaudir le Premier ministre : les deux députés FN, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard (apparenté). Et le tweet ci-dessous du vice-président du Front national confirme que le parti de Marine Le Pen ne participe pas à la concorde politique du moment :