Valls au Vatican, la gauche de la gauche grince

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Valls au Vatican, la gauche de la gauche grince
@ REUTERS/Charles Platiau
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HABEMUS POLEMIQUE - La présence du Premier ministre dimanche au Vatican pour la canonisation de Jean Paul II agace. Le PS, très critique en 2011, est cette fois plus mesuré.

Dimanche à Rome, pour la canonisation très médiatique de Jean-Paul II et Jean XXIII, c’est Manuel Valls qui représentera la France. La présence du Premier ministre français à cette cérémonie très religieuse, présidée par le pape François, ne plaît pas à tout le monde. Les tenants de la laïcité à gauche n’apprécient pas franchement.

"Pas une bonne idée", pour Mélenchon. Ainsi, pour Jean-Luc Mélenchon, la présence de Manuel Valls au Vatican n’est "pas une bonne idée". "Je ne suis pas plus d'accord que je ne l'étais pour M. (Nicolas) Sarkozy à ce que M. Valls aille représenter la République française dans une circonstance qui ne la concerne pas", a déclaré le leader du Front de gauche, interrogé lors de l'émission "Face aux chrétiens" (RCF/Radio Notre-Dame/La Croix/KTO). "Même si la République française respecte chacun des cultes de ses concitoyens et respecte aussi ceux qui n'en pratiquent aucun et finissent par être fatigués de toutes ces démonstrations", a-t-il lâché, dépité.

"Indéfendable". Avant lui, le député chevènementiste Jean-Luc Laurent était monté au créneau. "La participation du Premier ministre est indéfendable sur le plan des principes républicains et constitue une grosse ficelle de communication politique, sans doute un ‘signal’ comme disent les communicants, destinée aux Français de confession catholique", avait écrit l’élu MRC dans un communiqué diffusé à la mi-avril. "Le Premier ministre doit rectifier le tir et s'en tenir à une stricte représentation diplomatique". Et de rappeler : "En 2011, les partis de gauche avaient dénoncé à raison la présence de François Fillon lors de la béatification de Jean Paul II."

En 2011, le PS avait taclé Fillon. Jean-Luc Laurent a bonne mémoire. Le 22 avril 2011, le Parti socialiste avait diffusé un communiqué pour condamner la présence de François Fillon à la cérémonie de béatification de Jean Paul II, déjà. "Cette décision rompt avec une tradition diplomatique établie et respectée par tous ses prédécesseurs qui veut que notre pays ne se fasse représenter à ce type de manifestation que lorsqu’elle concerne un Français", écrivait le PS. "Venant de la part de Nicolas Sarkozy qui aurait même songé à s’y rendre personnellement, cette décision ne surprend pas, mais elle reste particulièrement choquante."

"Ce communiqué de presse intervenait dans un contexte de propos très graves tenus par le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, qui avait notamment affirmé que l’instituteur ne pourrait jamais remplacer le curé", rappelle Carlos Da Silva, porte-parole du PS, joint par Europe1.fr. "En outre, la personnalité et le parcours de Manuel Valls en matière de laïcité parlent pour lui. Enfin, Jean Paul II était un chef d'Etat, qui en plus a eu un rôle non négligeable dans le développement de la démocratie, notamment dans les pays de l'Est", énumère le député de l'Essonne pour expliquer le changement de ton au PS.

Ironie du sort, François Fillon devrait être présent dimanche au Vatican, cette fois à titre privé. Il aura donc l’occasion de croiser son successeur.

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