Pour Valls, Macron cède "aux sirènes du populisme"

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Pour Valls, Macron cède "aux sirènes du populisme"
Manuel Valls au Conseil des ministres mercredi matin.@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Le Premier ministre a dénoncé le fait qu'Emmanuel Macron, "produit de l'élite", se revendique tout de même anti-système.

Manuel Valls a accusé mercredi Emmanuel Macron, possible candidat à la présidentielle qui se revendique anti-système, de céder ainsi "aux sirènes du populisme", soulignant que le ministre de l'Economie, passé par l'ENA, était un "produit de l'élite de la République".

Multiples attaques. "On ne peut pas dénoncer un prétendu 'système' en cédant aux sirènes du populisme quand, circonstance aggravante, on est soi-même le produit le plus méritant de l'élite de la République", selon le texte de son discours transmis par Matignon à la presse. S'il ne nomme pas son ministre directement, le chef du gouvernement a multiplié les attaques contre Emmanuel Macron, dans son discours prononcé à huis clos devant les parlementaires de la majorité à l'occasion d'une réception à Matignon pour la fin de la session au Parlement.

Un climat "pourri par l'ambiguïté". "Je le dis en présence de ministres, de parlementaires qui ont toujours su montrer leur loyauté. L'éthique de responsabilité, c'est le devoir de clarté, pas l'entretien d'un climat, pourri par l’ambiguïté", a lancé Manuel Valls en allusion aux ambitions de moins en moins voilées d'Emmanuel Macron de se lancer dans la bataille présidentielle. Cette nouvelle charge suit une première offensive mardi du Premier ministre, qui avait jugé à propos du premier meeting du mouvement En Marche! d'Emmanuel Macron qu'il était "temps que tout cela s'arrête".

"C'est tellement facile". A deux jours de l'allocution de François Hollande du 14 juillet, Emmanuel Macron a mis clairement le cap mardi soir sur la "victoire" en 2017, tout en épargnant globalement le président et en lançant de nouvelles piques à Manuel Valls. Le jeune ministre, qui se revendique adversaire du "système" comme le fait également Marine Le Pen, avait récemment parlé d'une "caste" politique, s'attirant un recadrage de Manuel Valls sur les bancs de l'Assemblée."C'est tellement facile de s'en prendre à ces cercles, ces élus, ces formations politiques. Bien sûr, elles ont besoin de dépassement, de se réinventer. Mais nous appartenons à des familles politiques très anciennes, avec des valeurs dont il ne faut jamais s'éloigner. Quand on s'en éloigne, la confusion et l'ambiguïté s'imposent", a affirmé Manuel Valls.