Une partie du PS "atterrée" par les annonces de Valls

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Une partie du PS "atterrée" par les annonces de Valls
"Sur la forme, on prend de vitesse la majorité parlementaire pour la mettre devant le fait accompli alors qu'on nous avait promis un dialogue en amont", a déploré le socialiste Christian Paul après le discours de Manuel Valls.@ Capture d'écran
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FRONDE - Manuel Valls a précisé mardi les 50 milliards d'euros d'économies qui seront réalisées entre 2015 et 2017.

De nombreux députés PS, visiblement désireux de mettre la pression sur le Premier ministre, se disent atterrés" par les récentes annonces de Manuel Valls sur les économies budgétaires. Elles sont "inacceptables en l'état sur le fond comme sur la forme", a ainsi déploré mercredi Christian Paul, l'un des députés frondeurs qui avaient déjà fait entendre leur voix avant le vote de confiance au Premier ministre. "Nous étions 150 députés et nous avons écouté dans un silence de mort ces annonces", a assuré Christian Paul.

"Méthode surprenante". "Sur la forme, on prend de vitesse la majorité parlementaire pour la mettre devant le fait accompli alors qu'on nous avait promis un dialogue en amont", a renchéri ce dernier. "Sur le fond, nous n'avons pas été élus pour organiser la perte de pouvoir d'achat des retraités, des fonctionnaires et des salariés qui bénéficient de prestations sociales", a ajouté le député de la Nièvre, proche de Martine Aubry. Christian Paul le promet : il votera contre "en l'état" le 30 avril sur le "programme de stabilité" des finances publiques.



Tout comme Laurent Baumel, du collectif de la Gauche populaire, qui prévoit "de sérieuses difficultés pour le gouvernement pour le vote du 30 avril". "Les élections municipales n'ont rien changé. On va dans le mur", a-t-il lancé. "Méthode surprenante, les députés socialistes découvrent en réunion de groupe via la télévision les décisions du gouvernement", a également tweeté le député Michel Pouzol.



Des soutiens quand même. La fronde se limite, pour l'heure, à la gauche du Parti socialiste. A l'inverse, le député de Loire-Atlantique Dominique Raimbourg, qui ne figurait pas parmi les députés frondeurs de mars, a déclaré "ne pas être du tout choqué sur la forme". "On avait eu une explication avec le Premier ministre le matin de sa déclaration de politique générale, cela vaut dialogue avec le groupe. Pour ce genre d'annonces, il faut éviter les fuites". Sur le fond, "j'avais bien aimé le discours de politique générale. Là, ce ne sont que les économies, c'est plus difficile à entendre, mais ce n'est qu'un aspect de la politique qui va être suivie", a-t-il ajouté.



"Le gouvernement a tenu sa parole. Le programme de réduction des dépenses qu’il a présenté ce matin ne sera ni un plan d’austérité ni une remise en cause de notre modèle social mais la résultante d’une réforme en profondeur des structures de l’Etat, des collectivités et de la sécurité sociale", a pour sa part défendu Bruno Le Roux, le patron des députés socialises. Manuel Valls a annoncé mercredi le gel des prestations sociales "jusqu'en octobre 2015", détaillant pour la première fois l'ensemble des 50 milliards d'économies dans la dépense publique prévues de 2015 à 2017.