Une centrale à Kadhafi ? "Jamais", jure Sarkozy

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Une centrale à Kadhafi ? "Jamais", jure Sarkozy
Sarkozy recevant Kadhafi à l'Elysée en décembre 2007.
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Le président a qualifié de mensonge "éhonté" les allégations de l'ex-patronne d'Areva.

"Il n'a jamais été question de vendre une centrale à Monsieur Kadhafi". Nicolas Sarkozy a catégoriquement nié mardi matin sur France Inter avoir "frayé" avec le colonel Kadhafi en vue de la vente d’une centrale nucléaire.

Un mensonge "éhonté"

Les allégations de l'ancienne patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, à ce sujet ? Un mensonge "éhonté", a balayé le président de la République candidat à sa propre succession. L’ex n°1 d’Areva soutient qu’il a été question, au moins jusqu'à l'été 2010 - soit un an avant la chute de Mouammar Kadhafi - de vendre des équipements nucléaires à la Libye.

"Permettez-moi de vous dire que s'il y a un chef d'Etat qui, dans le monde, n'a pas frayé avec Monsieur Kadhafi et est responsable de son départ et de ce qui lui est arrivé, je pense peut être que c'est moi", a asséné le chef de l’Etat mardi matin.

La Libye, "un client comme les autres" en 2007

Pourtant, selon un document officiel - diffusé à l'époque par la présidence française - les Etats français et libyen ont bel et bien paraphé en décembre 2007 un accord de coopération dans le nucléaire civil envisageant la fourniture de réacteurs.

Selon celui qui était alors le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, ce "réacteur nucléaire" devait permette la fourniture d'eau potable" en déssalinisant l'eau de mer. "Potentiellement, cela représente deux milliards d'euros de contrats minimum", précisait-on alors à l'Elysée. Le porte-parole de la présidence française, David Martinon, faisait alors valoir que la Libye était "un client comme les autres".

L’accord avait été signé lors de la visite d'Etat de Mouammar Kadhafi en France, celle au cours de laquelle le leader libyen avait pu planter sa tente dans les jardins de l'Hôtel Marigny, résidence officielle des hôtes de l'Etat.

"Ce qui serait dangereux, ce serait de leur refuser le nucléaire civil"

L’accord avait suscité de nombreuses critiques, notamment de la part de partenaires de la France comme l'Allemagne, mais aussi à gauche et chez les écologistes. Certains avaient même soupçonné cet accord d'être une contrepartie à la libération des infirmières bulgares détenues par la Libye, ce que l'Elysée a toujours démenti. Outre ces documents datant de juillet 2007, il y a les mots mêmes du chef de l’Etat quelques mois plus tard.

Ainsi, dans un discours datant 3 juillet 2008, et toujours en ligne sur le site de L’Elyséecomme le relève Le Monde, le chef de l'Etat affirme ainsi : "Je sais qu'il y a des gens et des pays qui se disent : n'est-ce pas un peu dangereux de proposer le nucléaire civil à des pays comme l'Algérie, les Emirats arabes unis, ou la Libye ? Ce qui serait vraiment dangereux, ce serait de leur refuser".

Un partenariat signé un an avant la chute de Kadhafi

Le Monde relève aussi que moins d'un an avant la chute du régime de Kadhafi, le 21 octobre 2010, le ministre français de l'industrie, Christian Estrosi, signait à Tripoli un partenariat stratégique prévoyant toujours l'ouverture de négociations pour la construction d'une centrale nucléaire.

Ce n’est qu’après le début des insurrections arabes, début 2011, que la France a changé d’attitude vis-à-vis du régime libyen. A l'initiative de Nicolas Sarkozy, L’Hexagone s’est même posée en fer de lance de l'intervention militaire internationale qui a aidé les insurgés libyens à renverser le colonel et son régime.