Un remaniement à la fin du mois de janvier

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Un remaniement à la fin du mois de janvier
@ AFP
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CHAISES MUSICALES - Selon nos informations, l'Elysée devrait attendre le début 2016 pour effectuer un changement de gouvernement, qui resterait de faible ampleur.

A l'Elysée, on a décidé que le remaniement, ce n'était pas maintenant. Alors que la gauche devrait perdre de nombreuses régions à l'issue du second tour des élections régionales et qu'un changement de gouvernement aurait pu être une réponse politique à cette défaite, ce n'est plus une priorité pour François Hollande. L'entourage du chef de l'Etat estime en effet que cela ne fait plus partie des attentes des Français. Aucun remaniement n'est donc prévu avant la fin du mois de janvier.

Ce n'est plus une urgence. Si l'exécutif ne veut pas se précipiter, c'est qu'un changement de gouvernement devait, à l'origine, permettre d'élargir l'assise de la majorité gouvernementale en vue de l'élection présidentielle de 2017. Or, le succès du Front National et les difficultés des Républicains aux régionales ont changé la donne. L'Elysée a constaté qu'entre les deux tours des régionales, l'union de la gauche s'était faite naturellement et facilement, ce qui rend le remaniement moins urgent. L'exception reste la Bretagne, où Jean-Yves Le Drian, tête de liste socialiste, s'est opposé à une fusion avec les écologistes. Une situation particulière, puisque le ministre de la Défense a réalisé le meilleur score socialiste du premier tour, avec 34,92 % des voix.

Jouer la carte de la stabilité. L'autre facteur qui pèse sur le remaniement, et le rend moins pressé, c'est l'état d'urgence. Techniquement, rien n'empêche l'Elysée de changer de ministre pendant cette période, mais cela peut être politiquement délicat. En temps de crise, mieux vaut en effet jouer la carte de la stabilité que se lancer dans la transmission de dossiers.

Chaises musicales. Le remaniement début 2016 devrait d'ailleurs s'apparenter plus à un jeu de chaises musicales qu'à un grand chambardement. A l'exception de celui de Laurent Fabius, dont le nom circule pour prendre la présidence du Conseil constitutionnel, aucun départ d'importance ne devrait avoir lieu. En revanche, des ministres devraient changer de portefeuille. C'est le cas, par exemple, de Christiane Taubira, qui aimerait bien la Culture, ou de Fleur Pellerin, qui pourrait retourner vers un ministère plus économique.

Ouverture à gauche. L'Elysée pourrait également miser sur une ouverture de son gouvernement à gauche, en appelant un radical, comme Jean-Michel Baylet, ou un écologiste, comme Barbara Pompili ou Jean-Vincent Placé. Surtout, Bruno Le Roux, un grand ami de François Hollande, pourrait être récompensé pour avoir tenu le groupe socialiste à l'Assemblée pendant quatre ans. En revanche, aucun geste en faveur des frondeurs ne serait prévu. De quoi encourager ces derniers, qui s'étaient fait discrets depuis la rentrée, à reprendre le chemin de la contestation.