Un Marseillais sur trois vit-il sous le seuil de pauvreté ?

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Un Marseillais sur trois vit-il sous le seuil de pauvreté ?
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FACT-CHECKING – D’après Stéphane Ravier, un tiers des habitants de la cité phocéenne seraient confrontés à la pauvreté. Vrai ou faux ? 

LA PHRASE – Mercredi, le candidat du Front national à la mairie de Marseille Stéphane Ravier était l’invité de l’interview de 7h45 sur Europe 1. Au-delà des crimes, il a insisté sur la pauvreté qui s’abat sur la ville. Et pour se faire entendre, il a avancé un chiffre choc. Selon lui, pas moins d’un Marseillais sur trois vivrait en-dessous du seuil de pauvreté. Les chômeurs, explique-t-il, ont été transformés en pauvres.

>> Dans sa chronique, Laurent Guimier revient sur cette déclaration :

Un chiffre imaginaire. Contactés par l’équipe du « Vrai-Faux de l’info », l’INSEE et la CAF de la région sont formels : ce chiffre n’existe pas pour la seule ville de Marseille. Le seul taux de pauvreté qui apparait dans les études de l’INSEE concerne l’ensemble du département des Bouches-du-Rhône. Et il est de 18%. Nous sommes donc loin du tiers annoncé par Stéphane Ravier. En réalité, c’est un habitant du département sur cinq qui vit avec moins de 900€ par mois.

Confusion. En fait, il semblerait que Stéphane Ravier confonde le taux de pauvreté avec un autre chiffre : celui du nombre de personnes qui vivent avec un bas revenu. D’après une étude de l'INSEE, ce chiffre avoisine les 30%. On arrive donc à presque un Marseillais sur trois.

Mais attention, ce n’est pas du tout la même chose. Les modes de calcul sont différents. Les étudiants et les plus de 65 ans par exemple ne sont pas comptabilisés dans le registre des CAF. D’après l’INSEE, on ne peut pas intervertir ces deux thèmes comme le fait le candidat du FN. Mais il n’est pas le seul à faire cette erreur. Patrick Menucci, un des prétendants socialistes à la mairie, fait lui aussi la confusion. Des enquêtes indépendantes et non officielles estiment que le taux de pauvreté à Marseille serait plutôt de l’ordre de 25%. Une personne sur quatre, c’est déjà beaucoup.