Un jour c'est "non", un autre c'est "ni-ni". La pirouette de Nicolas Sarkozy...

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Pour Antonin André, chef du service politique d'Europe 1, la position de Nicolas Sarkozy en cas de duel Marine le Pen/François Hollande au second tour de la présidentielle se fait a contrario d'une campagne tournée vers les électeurs du FN.

Nicolas Sarkozy amende le "ni-ni" vis-à-vis du FN. En cas de duel Marine le Pen/François Hollande au second tour de la présidentielle, il voterait François Hollande, a-t-il déclaré sur BFM TV. Une position qui brouille sa campagne tournée vers les électeurs du FN.

Le "sauf si" de Nicolas Sarkozy. Le "ni-ni" pour l’élection du président du département de la Lozère, mais le front républicain pour l’élection présidentielle. Ça n’est pas un reniement, c’est une précision, explique Nicolas Sarkozy. Distribuer le RSA ou gérer les routes ça n’est pas le même enjeu que détenir les codes nucléaires. Donc non, pas de renoncement au "ni-ni", c’est le "ni-ni sauf si", sauf s’il s’agit de la présidentielle en l’occurrence. Le problème c’est que toute la campagne de Nicolas Sarkozy se fait en direction des électeurs tentés par le Front national et ces derniers entendent : François Hollande vaut mieux que Marine Le Pen.

L'embarras d'Alain Juppé. Ce positionnement, même s’il s’applique à la présidentielle, pose implicitement la question des alliances aux législatives : en cas de duel PS/FN, que préconisera Les Républicains ? Le débat resurgira immanquablement et il embarrasse tout le monde, à l’image d’Alain Juppé qui a souvent changé de pied sur ce sujet ces dernières années. Durant les municipales 2014, le maire de Bordeaux dénonce le piège tendu à la droite. Ce piège qui permet au FN de renvoyer dos à dos droite et gauche, c’est l’"UMPS". En 2015, l’ex-Premier ministre change de discours lors d’une législative partielle dans le Doubs. Face au Duel PS/FN, le même Alain Juppé plaide pour le front républicain, mais à titre personnel précise-t-il. L’UMP à l’époque n’avait pas donné de consigne de votes.

La fin du cordon sanitaire. La réalité c’est que le "ni-ni" est aujourd’hui majoritaire au sein des Républicains. La porosité des électorats de droite et du FN est avérée. Lors des dernières régionales, 55 % des sympathisants UMP et 60% de ceux du FN étaient favorables à des accords électoraux. Le cordon sanitaire instauré par Jacques Chirac en 1986, et qui interdisait à l’Assemblée tous contacts physiques entre les élus RPR-UDF et les 35 élus FN, n’est plus du tout étanche aujourd’hui